‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 537 sur 555 · Ibid. VIII · texte numérisé non relu

Ibid. VIII

sûrement influé sur la manière chrétienne de concevoir la Divinité. En effet, le dieu des chrétiens, tout en étant concret, personnel et anlhropomorphique, comme le laveh biblique, est en même temps universel, panthéistique, comme le Yarouna védique; il est omnivoyant, omniscient, omniprésent, toutes qualités évidemment inconciliables avec la forme humaine qui lui est attribuée, avec l'idée du Fils de Vhomme apparaissant sur les nuées*. L'eucharistie, en écartant son côlé grossier, l'idée d'un sacrifice emblématique, peut donc se concevoir comme symbolisant l'union intime avec l'esprit panthéistique de l'univers. Jésus affirme en effet, selon le panthéiste saint Jean, qu'il est « le principe de toutes choses », qu'il élait avant Abraham, que son Père et lui sont la môme chose*.

En passant, je rappellerai que les anciens Mexicains communiaient, en se disputant les morceaux de la statue de Uuitzilopotchli, faite de farine pétrie avec du sang, réalisant ainsi au pied de la leltre la parole évangélique : « Ceci est ma chair, ceci est mon sang' ». C'est sans y attacher d'importance que je signale cette curieuse analogie; mais il n'en est pas de môme d'autres ressemblances avec certains mythes égyptiens, phéniciens, gréco-romains, surtout mazdéens, ressemblances que nos exégètes contemporains, beaucoup trop préoccupés de la lettre seule, ont le tort de négliger.

Chez les Égyptiens, un grand dieu solaii*e, Osiris, un dieu bienfaisant, parcourt l'univers, et il a pour ennemi le dieu du mal et de la nuit, l'exécrable Typhon. Chaque printemps, les Égyptiens représentaient, dans des cérémonies religieuses, la mort et le tombeau d'Osiris, pleuraient la mort du dieu, puis fêtaient sa résurrection, le tout à une

\. Mallliicu, XXIV, 27-31; XIX. 28.

Page 1