yallhieu, XXYI, 20. Jean, VI, 55, 5d
548 L'ÉVOLUnON RELIGIEUSE.
date correspondant à peu près à la Pâque chrétienne*. — De même TAdonis phénicien, devenu en Grèce l'amant de Vénus, est tué par un sanglier, passe six mois aux cnrers ; puis, à l'équinoxe du printemps, toujours à Pèque, il meurt et ressuscite; c'est, dit Théocrile, le seul dieu qui voie tour à tour la terre et TAkhéron*. Passons à une autre grande fête chrétienne. Quand Bacchus fut devenu un dieu solaire, on le gratifia d'une hisloire analogue à celle d'Adonis. Au solstice d'hiver, on exposait son image de dieu-enfant dans les sanctuaires', exactement comme les catholiques exposent dans les églises les crèches de l'en Tant Jésus. Au solstice d'hiver, à la date de notre Noël, les Romains célébraient aussi par une grande fête, par des jeux, la naissance du soleil nouveau*. On est donc fondé à admellre qu*au moins sur deux points, la naissance et la résurrection de Jésus, la légende du Christ s'est docilement modelée sur un mythe solaire admis par toute l'antiquité païenne.
Mais c'est surtout dans le Mazdéisme, la religion des anciens Perses, que le Christianisme a puisé à pleines mains. Au commencement de l'ère chrétienne et bien avant, l'équinoxe du printemps correspondait au passage du Soleil dans le signe du Bélier, que les Perses appellent le signe de l'Agneau'; or, l'agneau a joué un rôle très important dans le Christianisme primitif. Christ fut d'abord représenté par une figure d'agneau, que l'on retrouve encore, en nombreux exemplaires, dans les catacombes. Une décision du synode de Constantinople (680), confirmée par le pape Adrien P% oidonna de remplacer par la croix l'agneau qui
i. Diipuis. Origine des cultes , 303 (Abrégé). E. Burnouf. Science des religions, chap. IX.