H. Spencer. Sociologie
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qu'ils espèrent désarmer en lui offrant les cadavres des enfants décédés. A cet effet, ils déposent les petits morts sur les branches d'un grand arbre. Quant aux corps des esclaves, on les jette tout simplement à la mer; car ces êtres infimes n'ayant pas été respectés durant leur vie, ne le seront pas après leur mort. On fait plus de façons avec les corps des chefs, qui sont déposés sur une estacadé dont lès poteaux plongent dans la mer, exactement comme ceux qui supportent beaucoup d'habitations néo-guinéennes. Quand la putréfaction des cadavres est achevée, on recueille les ossements et on les inhume. Sur la tombe on érige des sortes de fûts cylindriques, tantdten bois, tantôt en pierre, qui pourraient bien être simplement des doubles artificiels offerts aux ombres errantes des décédés; car on dépose près d'eux des ustensiles de chasse et dépêche, une rame, de la vaisselle S etc.
Comme les Néo-Guinéens, les Yitiens ne croient pas que la vie puisse être interrompue par le petit accident de la mort. Dans leur opinion, l'homme est triple et contient deux esprits; l'un, « l'esprit sombre », est simplement l'ombre; l'autre est l'image qui se reflète soit dans l'eau, soit dans un miroir. L'un de ces esprits, nous ne savons lequel, peut quitter le corps d'un homme pendant son sommeil et s'en aller tourmenter d'autres personnes endormies*. Les Vitiens expliquent ainsi le rêve, phénomène si important aux yeux de tous les sauvages. Au moment de la mort, il se produit, croient-ils, un dédoublement ou un détriplement définitif; mais alors on peut encore parfois, et par un simple appel, ramener l'esprit ou les esprits dans le corps qu'ils viennent d'abandonner'. Nous saisissons là sur le nu l'origine de l'évocation des morts, qui joue un rôle important dans la mythologie, et
1. G. L. Bink. BulL Société dtAnthrop, (Réponses au questionnaire). 1888.
2. H, Spencer. Sociologie, I, 171, i90. — Williams. Loe. àt. 183, 342.