De Rochas. I/>c, cit
sa L'ÉVOLUTION RELIGIEUSE.
d*apaiser Fombre du mort, de la désarmer. Sous des formes diverses, nous retrouverons dans nombre de contrées des coutumes analogues.
Toujours avec l'idée d'expier ou plutôt de conjurer la colère des esprits ou des divinités, les Canaques pratiquent une parodie fort comique du sacrifice diphigénie : en cas de maladie d*un chef ou de quelque calamité publique, ils prennent une des plus belles filles de la tribu, la couchent $ur le ventre ; puis ils la fustigent vigoureusement et sérieusement\ Rien de plus commun dans le monde que ces pratiques expiatoires; mais elles ne sont pas toujours aussi bénignes, et celle-ci témoigne en faveur de l'humanisation des Canaques.
La sorcellerie est assez développée à la Nouvelle-Calédonie. On use et abuse à tout propos des talismans, des gri-gris; il y en a pour faire la pluie et le beau temps, pour gouverner les vents, pour déclarer la guerre, pour vouer un individu à la mort*; on les compose avec des herbes, des écorces, des pierres taillées ; les guerriers en roulent dans leur écharpe avant de s'exposer aux chances d'un combat; on s'en sert pour se garantir du mauvais vouloir des ombres avant d'entrer dans un cimetière; on a soin d'en enfouir dans les plantations nouvelles pour rendre celles-ci fertiles^ Le tabou luimême est personnifié par un talisman quelconque, un bâton gravé, des feuilles, des herbes. Comme en Polynésie, ces tabous sont très capricieux et leur violation est sévèrement punie, souvent par des peines corporelles, quelquefois par la mort*. Cette coutume du tabou semble assez répandue en Mélanésie, car on l'a rencontrée en Nouvelle-Guinée et elle doit être d'origine polynésienne*. J'aurai achevé de donner