‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 72 sur 555 · Livingstone. Loc. cit · texte numérisé non relu

Livingstone. Loc. cit

sionnaires dont, d'ailleurs ils n'acceptaient les dires qu'avec mesure et discernement, et surtout parce qu'ils sentaient le besoin de se civiliser*.

L'affaire peut donc être considérée comme entendue et les Cafrcs doivent à bon droit élre considérés comme une population d'athées primitifs. S'ensuit-il qu'ils soient absolument indemnes des illusions, des erreurs de raisonnement, auxquelles les Européens ont l'habitude d'attacher une valeur religieuse? Nous allons voir que non.

Et comment ces populations seraient^elles exemptes d'animisme, illusion inhérente à la primitive constitution mentale de l'humanité*. Nombre de nos contemporains des pays civilisés n'ont pas dépassé celte phase première de l'évolution psychique, et nous avons vu qu'aujourd'hui encore elle est l'essence même de l'expression poétique.

J'ai déjà parlé de l'importance considérable que les Cafres donnent à l'ombre; pour eux, ce n'est pas une silhouette, une tache, résultant de l'interception des rayons lumineux, c'est une sorte de double réel accompagnant le corps, pendant la vie, mais ayant une existence propre. Allant plus loin encore que l'auteur de la Divina Coinmedia, ils croient que les cadavres n'ont pas d'ombre*. D'autre part, ils vivifient, ils animisent tout ce qui les frappe, tout ce qu'ils ne comprennent pas. Un Béchuana intelligent, voyant pour la première fois un navire européen, le prenait pour un être vivant, pour un animaP. Les Cafres, déjà arrivés à la vie pastorale et agricole, ont de la pluie un urgent besoin; aussi s'occupent-ils constamment des nuages, qu'ils considèrent comme des êtres vivants. Les nuées basses, celles qui se résolvent le plus facilement en ondées,

1. Letourneau. Bulletin de la Société d' Anthropologie ^ tome VII, 2* série p. 688 (1872).

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