Lubbock. Orig. Civil
3. Thompson. Travett and advenlures tn South Africa (2* édition) .
s*appellent en Cafrerie nuages femelles. Aux faiseurs de pluies, dont je parlerai tout à l'heure, on demande d'ouvrir les mamelles des cieux*. L'imagination des Cafres n'a pas manqué non plus de spéculer sur les orages, si habituellement accompagnés de pluies. Le tonnerre est, pour eux, la voix d'un esprit dont les éclairs sont les flèches de feu : « N'avez-vous pas vu notre moHmol disaient-ils à MofFat; Ne l'avez-vous pas vu lancer ses flèches de feu? N'avezvous pas entendu sa voix dans les nuages?* » Comme la plupart des sauvages, les Cafres ne distinguent guère entre les animaux et les hommes; ils pensent que les esprits de ces derniers peuvent aisément s'incarner dans le corps des premiers. Chez les Amatongas, il existe une espèce de serpents ayant la réputation de loger des ombres humaines; on reconnaît facilement ces reptiles à une cicatrice spéciale qu'ils portent sur le côté'. Certains animaux sont particulièrement respectés; ainsi les Béchuanas ne mangent pas de poisson, sans doute par suite d'une superstition totémique.
Les fausses applications de l'universel « Post hoc, crgo propter hoc » sont aussi très communes en Cafrerie. Chez les Matchlappis, il est interdit de couper certains arbres tant que le sorgho est sur pied; cela empêcherait la pluie de tomber. Défense aussi de se mettre en voyage avant le mois de décembre par une matinée nuageuse ou de faire un ouvrage quelconque; cela encore arrête la pluie. Si quelqu'un meurt, il est interdit de sortir ce jour-là de sa case*, évidemment parce qu'on craint de rencontrer l'ombre du défunt. Mais ce dernier fait nous conduit à parler des coutumes funéraires en usage en Cafrerie. En tout