Campbell. Hist. univ. voy,, voL XXIX
pays, il est rare que ces coutumes ne renseignent pas plus ou moins sur Tidée que Ton se fait de la vie future.
Les Cafres Damaras cousent le cadavre dans une vieille peau de bœuf» puis l'enterrent dans un trou ; après quoi les assistants ont bien soin de piétiner sur la fosse ; car les morts cafres ont une tendance des plus fâcheuses à sortir de leur tombe et ordinairement ils sont animés de très mauvaises intentions. Souvent on préfère abandonner les cadavres dans la campagne, à la dent des loups; on pense qu'une fois dévorés, ils sont entièrement détruits et ne viennent plus tourmenter les vivanls^ En général on a horreur des cadavres; ceux des pauvres sont habituellement abandonnés aux bêles.
Moflat a vu un fils trniner tranquillement dans la campagne le cadavre de sa mèic, attaché à une courroie, et Tabandonner derrière un buisson, pour qu'il fût dépecé par les hyènes et les chacals. La manière de traiter les morts varie d'ailleurs suivant le mot d'ordre donné par les sorciers, qui, toujours pour avoir de la pluie, prescrivent tantôt l'abandon, tantôt rinhumation\ Pour les cadavres des chefs, on a souvent recours à l'inhumation, (|ui se fait au sein du village même, dans le forum cafre, dans l'enclos où les hommes se réunissent pour palabrer'.
Quand on a Tintcnlion d*inhumer les gens, on s'y prépare un peu avant leur mort, au moment de l'agonie, en les empaquetant dans un filet, qui maintient le corps dans la position accroupie, les genoux au menton. Grâce à celle précaution, la fosse peut être élroile; elle n'a guère en effet que trois pieds carrés; mais on lui donne une profondeur de six pieds. Avant l'inhumation, les parois de la fosse sont frottées avec une grosse espèce d'oignon, commune dans le pays; puis on y