Levaillant. Loc, cit
Avant tout, on s'inquiétait de donner à l'ombre du petit potentat une escorte convenable et, pour cela, dés sacrifices humains étaient nécessaires. Nous verrons qu'en tout pays, durant les phases sauvages ou barbares de l'évolution sociale, ces horreurs funéraires sont choses habilucllés. En parlant de V Évolution de la morale f j'ai brièvement raconté comment les funérailles de la mère de Tchaka, roi des Zoulous, coûtèrent la vie à environ sept mille personnes, qui, à l'envi, se massacrèrent elles-mêmes; après quoi on eut soin d'enterrer vivantes douze jeunes filles, destinées à remplir l'office de suivantes près de la i*eine défunte dans la Cafrerie de l'au-delà ^
De telles coutumes funéraires proclament hautement que, dans l'opinion des Cafres, l'homme ne meurt p; s tout entier. Le quelque chose qui survit après la mort est une ombre matérielle, une « fumée », me disait textuellement Tsékelo*. Cette ombre a la forme et le caractère du défunt et elle continue à mener une existence analogue à l'existence terrestre. Les Amazoulous croient même que l'ombre peut encore mourir de mort violente, être tuée, se noyer par exemple, au passage d'une rivière'.
Les Cafres, qui sont déjà de fervents monarchistes, ont, nous l'avons vu jadis, une forte tendance à diviniser leurs princes, même de leur vivant. Ils les louent durant leur vie avec une exagération lyrique, un enthousiasme délirant, les dotant de toutes les perfections et d'une puissance surhumaine^; aussi n'est-il pas surprenant qu*ils continuent à les adorer après leur mort et à invoquer, le cas échéant, leur intervention surnaturelle'.
Ces croyances sont habituelles chez les Cafres; elles n'ont