Moffat. Loc. cit
magorino^. C'est un terme général servant à désigner les esprits et les ombres. Comme la plupart des superstitions cafres se relient à une idée fixe, celle d'obtenir de la pluie, il est possible que l'esprit anthropomorphique du tonnerre, celui dont les éclairs sont les flèches, ait été le < moriino », l'être par excellence, et ait prêté son nom à tous les autres êtres mythiques, aux « fumées », que laissent derrière eux les morts, aussi bien qu'à certains scarabées, pour lesquels les Cafres ont une vénération particulière*. En arrivant chez les Cafres, les missionnaires, embarrassés de trouver un mot convenable pour dire « Dieu », adoptèrent, faute de mieux, le mot « morimo », qui, dans l'esprit des naturels, donnait lieu à de fâcheuses confusions : « Ne dites-vous pas, disait un faiseur de pluie à MofFat, que Morimo est le roi du ciel et peut, seul, faire de la pluie? Pourquoi donc ne lui rendrions-nous pas des honneurs'? »
Ordinairement, dans l'opinion des Cafres, les morimos sont des esprits malveillants et malfaisants; souvent ces morimos se blottissent dans des creux de rocher et, quand ils en sortent, c'est pour semer, parmi les hommes et le bétail, la maladie et la mort^. C'est aux morimos qu'on allribue toutes les calamités: on a l'habitude de les accabler d'injures, aussi les missionnaires ne réussissaient-ils pas à persuader aux indigènes qu'il pouvait déplaire à Dieu, au Dieu chrétien, qu'on l'insultât*.
Pour les Cafres, les morimos sont simplement des hommes invisibles, et on les tuerait bien volontiers si la chose était possible : « Que ne puis-je l'atteindre et le percer de ma lance*! »