Ibid
sacrifices d'animaux constituent Tunique culte des Cafres, qui jamais ne prient, qui n*ont pas de cases-fétiches et dont les seuls prêtres sont les faiseurs de pluie, nullement sacrés, puisqu'ils sont mis à mort sans rémission quand on les soupçonne d'êlre des empêcheurs de pluie. On offre en outre des sacrifices à certains ancêtres, par exemple, à Tombre de celui qui est réputé le fondateur de la famille' ou plutôt du clan; du moins cette pratique est en usage chez les Amazoulous, les plus civilisés des Cafres. Chez ces derniers encore, on célèbre de grandes fêtes, dont le caractère est mal défini; il en est qui, chaque année, durent trois jours, à Tépoque de la maturation du maïs, et avant la célébration desquelles il est interdit sous peine de mort de couper un seul épi*; mais cette fête est, selon toute apparence, purement laïque, due seulement à la joie qu'inspire la perspective de la récolte, et l'interdiction de moissonner prématurément doit être une simple mesure de préservation sociale, analogue à notre ban des vendanges.
m. — CE QUE VAUT LA RELIGION DE L AFRIQUE AUSTRALE
Je viens de terminer un chapitre de notre enquête mythologique. Nous connaissons maintenant l'état dît religieux des peuplades de l'Afrique australe : il suggère forcément quelques réflexions. Prises en masse, ces populations sont mal douées sous le rapport mythologique et l'on y rencontre déjà les deux genres d'impiété existant un peu par toute la terre : l'impiété inintelligente, par défaut dépensée, absence de raisonnement, celle des Bochimans, parcxemple,et l'impiété sagace, celle qui plus ou moins contrôle une idée avant de l'admettre; c'est
i. H. Spencer. Sociologie, l, 534.