‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 88 sur 555 · Du Chaillu. Loc. cit · texte numérisé non relu

Du Chaillu. Loc. cit

« iétichisme » ce degré tout à fait inférieur de l'animisme. Fétichisme vient du mot portugais « feiiicao », qui lui-même est apparenté à notre mot « fées » ; mais si le mot est portugais, la chose est universelle. Nulle part cependant elle ne s'étale aussi largement qu'en Afrique ; nulle part autant que chez les nègres sauvages on n'abuse des gri-gris, des fétiches. Au Gabon, où le nègre est aussi peu développé que possible, tout le monde se charge de gri-gris, surtout autour du cou, autour de la taille, et ces gri-gris sont de très diverse nature. Ce sont, tantôt des morceaux taillés dans la peau de certains animaux rares, tantôt des serres d'oiseaux de proie, des dénis de crocodiles ou de léopards, des lambeaux desséchés de chair ou de cervelle d'animaux, des plumes d'oiseaux curieux, des cendres de certaines espèces de bois, des os de serpents, etc. Chacun de ces gri-gris est doué d*une vertu spéciale. L'un préserve de la maladie, un autre raffermit le cœur du chasseur et du guerrier; un troisième procure des succès en amour: celui-ci combat la stérililé des femmes; celui-là est lactogène et fait regorger de lait les mamelles des nourrices*, etc. Le cerveau du gorille sert à confectionner des charmes, qui donnent au porteur des succès à la chasse et près des belles*. Parfois les gri-gris sont de structure plus complexe. Il en est qui se composent d'un cornet el d'une sonnette attachés ensemble. Quand le porteur de ce grî-gri composite est ou se croit en péril, il agite la sonnette magique, dont le tintement a un double effet : celui de chasser les esprits malveillants et d'appeler au contraire les bons esprits, lesquels accourent et, étant d'une extrême ténuité, se blottissent dans le cornet non moins magique que la sonnette^

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