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L'ANIMISME DES NÉGHES INFÉRIEURS. h1
Au Gabon, il existe aussi des animaux sacrés, que l'on doit s'abstenir de manger; ces animaux sont dits roundah, et le mot roundah semble avoir une signification analogue à celle du mot polynésien tabou. Un roitelet nègre expliquait que ni lui ni les siens ne pouvaient user de la chair du Bos brachycerosy parce qu'à une époque déjà fort ancienne une femme de son clan était accouchée d'un veau. Dans un autre cl n familial, une femme avait mis au monde un crocodile et, par suite, cet animal était devenu roundah pour les membres de ce clan*. Le culte ou la vénération des animaux peut donc résulter de diverses causes ou illusions et n'a point nécessairement une origine lotémique.
m. — COUTUMES FUNÉRAIRES
Les coutumes funéraires des nègres sauvages sont intéressantes. Dans aucune des tribus connues le corps n'est abandonné; mais on en dispose de diverses manières. Parfois il est briMé*, plus souvent il est inhumé, quelquefois déposé simplement sur le sol, au pied des arbres, dans un grand cercueil en bois'. Souvent l'inhumation ou le dépôt s'effectuent dans des endroits spéciaux, dans des cimetières* ; mais il n'en est pas toujours ainsi, surtout pour les chefs. Au Gabon, les restes de ces grands personnages sont abandonnés isolément dans la forêt, mais toujours avec la protection d'un cercueil. Auprès du cercueil, on dépose dans de grands coffres tous les objets précieux ayant appartenu au défunt ; puis, sur ces coffres et entre eux, une énorme quantité de vaisselle, de miroirs, de pots de fer, des sonnettes de bronze et
\. Du Chaillu. Loc. cit. 5i8.