‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 90 sur 555 · Wid · texte numérisé non relu

Wid

8*2 L'ÉVOLUTION UELIGIEISE.

de cuivre, tous objets dont les doubles pourront servir au mort ^ dans le pays d'au-delà*. Parfois c'est dans sa case môme que le clicf est inhume avec ses ustensiles, armes, bijoux, etc.* ; mais alors la case devient sacrée, féliche : on l'abandonne au double du mort et même on s'en éloigne, étant peu soucieux de l'avoir pour voisin'.

Les rois m'pongoués sont enterrés secrètement, par un très petit nombre d'hommes: on veut que le vulgaire ignore le lieu de leur sépulture; et, dans l'opinion du pays, cela importe grandement au salut public; en effet, une vertu puissante réside dans les restes princiers, et, s'il advenait qu'une tribu rivale parvint à s'emparer de la tête royale, elle pourrait faire de sa cervelle un puissant et dangereux féticlie*.

Dans l'Ouest africain, de grandes démonstrations de douleur ont lieu à l'occasion de chaque décès. Quoique, comme nous le verrons tout à l'heure, la croyance à une survie quelconque après la mort soit sinon universelle, au moins très générale en Afrique, les parents et amis s'affligent beaucoup lors du décès des leurs. Chez les Commis même, la désolation commence avant la mort. Au moment de l'agonie d'un homme, sa première femme vient se jeter sur son lit, le prend dans ses bras, le caresse, lui parle tendrement, lui chante des chansons d'amour. En même temps les gens du village pleurent et se lamentent^ Après la mort et pendant un certain nombre de jours, on entonne, chaque soir, un chant funèbre : t Uélas! Vous ne nous parlerercz plus jamais! — Plus jamais nous ne verrons votre visage! — Vous ne vous promènerez plus avec nous! — Vous ne nous aiderez plus dans nos querelles*, etc. »

Page 1