Burton, cité par II. Spencer. Loc. cil. I
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mort hier; vous le verrez alors épouvanté. 11 pense que Tesprit réside près de Tendroit où il a été enterré »*. Quoique les nègres se figurent ordinairement les ombres des morts sous la forme qu'ils ont connue, il ne leur répugne pas d'admettre que ces âmes se puissent incarner dans un animal, qui dès lors doit être respecté. Cet animal alors possédé par un homme peut être un oiseau, un singe, etc. Les chimpanzés, ainsi habités par des esprits humains, ravissent les femmes et leur font même violence*.
L'imagination des nègres est hantée par la crainte de ces revenant?, de ces spectres, qui gîtent partout et dont la présence se manifeste dans chaque bruissement du feuillage; aussi, dès la tombée de la nuit, ne se hasardent-ils point à sortir de leurs cabanes'. Comme les esprits errent tout spécialement autour de leurs tombes et n'aiment pas à être troublés pour des motifs futiles, les nègres n'enirent guère dans les cimetières que pour s'acquitter de leurs devoirs funéraires*. En général ils ont de la mort et des morts une terreur folle. Les nègres d'Angola s'ingénient sans cesse à détourner la colère des trépassés ^ Au Gabon, quand un homme vient à mourir dans un village, l'inquiétude se répand dans la population; s'il en meurt un second, celle inquiétude se change en épouvante; l'endroit est décidément tenu pour ensorcelé cl on en décampe au plus vite'. Si le défunt est un chef, il n'est pas besoin d'un autre décès. Dans ce cas, en effet, non seulement l'endroit peut être ensorcelé, mais il est de plus hanté par l'ombre du maître, qui facilement peut tuer tous les habitants. Alors, en grande hâte, la popu-
1. Du Chaillu. Trana. Elhnol. Soc. ï, 309. et Afrique équaloriaie, 378» 579.