‹ L'évolutionnisme des idées-forces (volume 2)Chapitre 13 sur 87 · VARIATIONS DE L'INTENSITÉ PSYCHIQUE · texte numérisé non relu

VARIATIONS DE L'INTENSITÉ PSYCHIQUE

serait étrange, n'y eùt-il point d'autre raison à invoquer^ que cette faim ou ce désir fussent de simples apparences^ des phénomènes de conscience superflue, \m éclairage de luxe.

III. Variations fonctionnelles de l'intensité. — Recherchons maintenant de quelles choses l'intensité des états de conscience est fonction. Cette intensité varie : I** avec celle des excitations extérieures, 2** avec celle des réactions intérieures. Examinons d'abord les excitations extérieures.

La première condition nécessaire pour produire un état de conscience, ayant par conséquent une certaine intensité, c'est une intensité d'excitation nerveuse suffisante pour s'étendre des nerfs jusqu'au cerveau, et, dans le cerveau même, une suffisante intensité d'onde nerveuse. Quand un son décroît, il y a un moment où l'on entend encore et un moment où Ton n'entend plus : c'est la limite ou le seuil de la conscience; cette limite marque, pour le son, le minimum sensible. Cette loi tient, selon nous, à des raisons toutes physiques et n'implique nullement que la conscience soit elle-même composée d'états inconscients peu intenses. Nous reviendrons plus tard sur ce point. Toujours est-il qu'il faut, pour produire la sensation, un ébranlement des nerfs assez prolongé ; il faut non seulement un faible coup dans les centres inférieurs, mais un contre-coup et un écho aurable dans le cerveau. Une impression trop faible, en effet, peut se perdre le long de la route, ou se transformer dans les nerfs en mouvements intestins, en augmentation de chaleur, en actions chimiques. De là les lois bien connues, découvertes par les psychologues modernes, sur le minimum d'excitation perceptible à la sensibilité, et sur les rapports généraux de l'excitation à la sensation consciente. Faut-il rappeler que la sensation croît plus lentement en intensité que Y excitation nerveme? Deux lumières n'éclairent pas deux fois plus qu'une seule, et il faut multiplier les lumières selon une progression rapide pour produire une sensation qui, elle, ne croit que selon une progression lente. Un nombre double de chanteurs ne produit

{las sur notre oreille une sensation d'une intensité double. De à la loi de Weber et de Fechner sur l'accroissetnént relatif des excitations et des sensations. L'exactitude mathématique et absolue de cette loi a été niée, principalement par M. Delbœuf (1); mais ce qui demeure mccmtestable, cest

1. Cette formate deTient exacte, croyons-noas, si on dit qaela différence de deux excitations doit croître proportionnellement aux grandeurs des excitations ext^rieore s ponr produire des differeoees de sensation ^es par rapport à notre aperceplion.

Page 1