LA OCAKTITÉ DANS LE3 ÉTATS DE COKSCIENCE
durée, et les seconds essentiellement coexistants, sous la fonoM de l'espace. C'est par ce contraste que Spencer distingne ' l'objet de la psychologie et l'objet des sciences physiques. Il y a, selon nous, dans cette opposition trop tranchée quelque chose d'artificiel. D'abord, nous n'admettons pas que la succession linéaire soit la forme essentielle des états de conecience {i). Une pensée peut coexister avec une volition ou un sentiment ; deux sensations, comme celle du noir et du blanc, , peuvent coexister si je regarde la li^ne d'intersection d'une j I surface blanche et d'une surface noire, etc. La coexistencea est donc une forme de la conscience et non pas seulement deSfl objets extérieurs.
VI. L'extensivité dans les étals de conscience. — Ce cette coexistence dans la conscience même qui rend possible > k conception de l'espace. Ici encore, nous ne saurions [admettre la distinction absolue des états intérieurs et des 1 nètats extérieurs fondée sur ce fait que les premiers sont en I dehors de l'espace, que les seconds y sont plongés. Il y a I dans tout état de conscience, selon nous, un rapport plus ou \ moins implicite à l'espace, une certaine qualité particulière ■qui rend possible, sous une forme plus ou moins nette, leur localisation, et qu'on peut appeler pour cette raison le caractère local. Par exemple, supposez deux sensations parfaitement semblables en degré et en qualité, comme les sensations de deux pointes de compas placées sur la peau à une certaine i distance ; ce sont deux sensations similaires et cependant difl»^ tinctes. Comment reconnaissez-vous leur distinction, qui ne sra manifeste qu'au moment ou les deux pointes sont écarté^ d'une certaine quantité? Il faut bien que, dès l'origine, U, seconde sensation diffère de la première par un certain carao^l tère qui vous permettra plus tard, après une longue élabora tion, d'attribuer cette sensation à un point différent de votB corps. On aura beau dire que cette localisation est i illusion, une hallucination; cela est vrai dans une certa mesure ; mais, à ce compte, on peut dire aussi que l'apparence de l'étendue n'est elle-même qu'une apparence. "Toujours est-il que l'apparence, qui seule nous intéresse, suppose des différences de caractère local entre les sensations similaires sous les autres rapports. II faut d'ailleurs distinguer ce caractère local, primitif et spontané, de l'interprétation ultérieure qui lui est donnée et qui aboutit à la localisation
i. C'est un point sur lequel nous re-viendraDs [ilua d'une Tuis.