CORRÉLATION DES FORCES MENTALES
^lon, par exemple, ne se métamorphose pas mystérieusement ^n émotion, mais, d'une part, la série des changements psychiques produit sur Tétat général de la conscience TefFet manifesté par rémotion, et, d autre part, la série de changelïients cérébraux qui répond à la pensée produit sur la vitalité générale des effets qui se manifestent par les signes de A^'émotion.
Les adversaires de la loi de conservation d'énergie mentale objectent qu'un sentiment^ qu'une idée, une volition, ne Souvent jamais dans leurs antécédents psychologiques leur explication complète : « ils apparaissent toujours comme étant ^utre chose que ces antécédents, comme renfermant des qualités nouvelles; et, à ce titre, ils échappent à la loi de la joro- ^j)ortionnalité de la cause et de l'effet (1), » Cette objection ^ous semble confondre la proportionnalité avec l'identité : il est clair que l'effet n'est pas identique à la cause, est autre que 3a cause qualitativement ; mais, si un sentiment, une idée ne se confond pas avec ses antécédents psychologiques, en résulte- ^-11 qu'il n'y ait pas une loi de proportionnalité quantitative, :inême dans l'ordre mental, qui détermine l'apparition de tel sentiment, de telle idée, avec telle intensité? De même, la -volition n'est pas identique aux sentiments ou idées qui entrent paniii ses antécédents, mais la non-identité n'exclut jas la proportionnalité : c'est-à-dire que les mêmes antécéelents (sentiments, idées, caractère, circonstances extérieures) auront pour conséquent le même vouloir, et, s'il y a des elifférences, elles seront en proportion avec l'intensité plus grande ou plus faible de tels ou tels antécédents, comme une xésultante varie avec le changement d'intensité d'une ou de plusieurs des forces composantes. Pas plus dans le inonde physique que dans le monde moral les effets ne sont qualitativement identiques aux causes, ce qui ne les empêche pas d'être quantitativement proportionnels aux causes. Les mouvements calorifiques n'ont pas besoin d'être identiques aux mouvements lumineux pour qu'il y ait corrélation ou équivalence entre la lumière, la chaleur et les autres modes d'énergie.
Pour être en droit d'affirmer que la quantité d'énergie psychique est exactement déterminée et demeure exactement la même, il faudrait, dit-on, a pouvoir ramener toutes les successions psychologiques à un mode de succession élémentaire,
(1) M. Boutroux, De la Contingence dans les lois de la nature, 142.