CORRÉLATION DES FORCES MENTALES
exactement déterminé, dont on démontrerait la permanence. . Or, c'est précisément ce terme qui fuit devant l'investigateur (1). i>
Nous croyons avoir déterminé plus haut quel est ce mode ■ de succession élémentaire qui se retrouve sous toutes les suc-cessions psychologiques : c'est ce que nous avons appelé le processus appêtitif ou réflexe appétitif, dont l'idée-farce est une formule abrégée. De même que, dans le réflexe mécanique, la force dégagée est une résultante de l'excitation reçue et de la force emmagasinée par l'organisme, de même toute direction de l'esprit, tout mouvement de la volonté est la résultante des excitations actuelles et de la force inhérente aux tendances constituant le caractère : il y a une loi d'action et de réaction déterminée par laquelle toute sensation provoque émotion, toute émotion provoque appétition, toute appétition s'accompagne de motion ; c'est pour cela que chaque forme de conscience, chaque idée au sens large, est en même temps une forme de force. De plus, il y a corrélation quantitative entre la force de l'excitation sensorielle, directe ou indirecte, actuelle ou idéale, et celle de la réaction émotionnelle ou volitionnelle. Cette réaction est la résultante, quantitativement déterminée, de l'intensité des excitations combinée avec l'intensité des forces inhérentes au caractère de l'individu et constituant sa somme d'énergie psychique. La conscience sourde de cette somme est la cœnesihésïe. On peut donc très bien admettre une loi radicale de conservation pour l'énergie psychique, et conséquemment de corrélation quantitative entre les diverses manifestations de cette énergie : sensations, émotions, appétitions. En un mot, tout état actuel de conscience, à la fois sensitif, émotionnel et appétitif, est la résultante proportionnelle de l'état antérieur et des forces incidentes qui l'ont modifié.
Dans le monde physique, pour trouver des sommes d'énergie apparemment constantes, il faut considérer des masses énormes et des quantités de mouvements considérables, par exemple tous les mouvements du système solaire ou du système stellau-e qui nous est connu. On suppose alors le système fermé; on exclut toute idée de force incidente, et on formule la loi de la conservation de l'énergie. Cette loi se particularise et se réahse plus visiblement dans les systèmes plus étroits de molécides qu'étudient la physique, la chimie et surtout la j^y-
(1) M. BDillroul, ibid., p. Ht.