‹ L'évolutionnisme des idées-forces (volume 2)Chapitre 54 sur 87 · CORRÉLATION DES FORGES MENTALES · texte numérisé non relu

CORRÉLATION DES FORGES MENTALES

siologie. L'être vivant est précisément occupé à maintenir <;ontre les obstacles extérieurs une somme d'énergie à peu j)rès constante ; il remplace ses pertes par ses acquisitions et ^end sans cesse à l'équilibre. Dans le âomaine mental, cette i;endance à l'équilibre, à la conservation de soi et de sa somme xnoyenne d'énergie, est également manifeste. Il y a une limite à la croissance intellectuelle comme à la croissance cérébrale ; xine faculté trop développée entraîne l'aJBFaiblissement de certaines autres comme dans le balancement des organes. Sain a rendu très plausible le parallélisme du nombre des idées ou rapports d'idées avec le nombre des cellules et conxiexions de cellules cérébrales. Au delà d'une certaine limite, la mémoire ne peut plus contenir davantage ; en général, on oublie certaines choses en apprenant des choses nouvelles : il s'établit ainsi un certain équilibre. L'intensité actuelle de la conscience ne peut bien saisir à la fois qu'une idée, et, par cela même qu'une première idée a atteint son maximum de force, elle redescend immédiatement les degrés de l'échelle, s'affaiblit, fait place à une idée contiguë ou similaire. De même, <mand un sentiment acquiert un haut degré d'énergie, il s'affaisse ensuite et cet affaissement rétablit l'équilibre : le calme suit l'agitation de la colère, l'abattement suit l'exaltation du courage, l'espérance suit la crainte; un rythme continuel se produit dans la succession des états de conscience, et tous les rythmes particuliers viennent se résumer en quelque sorte dans le rythme plus général et plus uniforme de la veille et du sommeil. Tous ces faits prouvent l** qu'il y a un certain quantum d'énergie psychique répondant à un certain quantum d'énergie cérébrale, et 2* qu il y a corrélation quantitative, alternance et rythme entre les divers modes d'énergie mentale, comme il y a corrélation quantitative entre les divers modes d'énergie physique.

Autre chose d'aiUeurs est d'affirmer, comme nous venons de le faire, l'existence des relations de quantité entre les phénomènes mentaux, et autre chose de prétendre que les phénomènes mentaux soient mesurables pour nous avec une précision mathématique (i]. On a dit avecraison que, pour ramener à une même unité de mesure la diversité des qualités mentales, il faudrait commencer par étudier les variations mécaniques correspondant aux variations d'une même qualité psychique. Supposons que l'on étudie à ce point de vue le

(1) Voir plus haut, p. 5 et suivantes.

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souvenir. On aurait à dresser le tableau suivant. S étant uni quantité de souvenir et Q une quantité de mouvement j]

I S,, S3 étant des valeurs particulières données de S, et Qi Q, leâf

[ valeurs correspoudantes de Q :

De là on déduirait S^F (Q). « Mais comment se douner S,..

Sj, etc ? Le souvenir, pas plus que l'âme elle-même, n'est une qualité simple. Il embrasse la nettetéj la vivacité, la com-

Elesité, l'exactitude, la précision, l'éloignement dans le passé, i sentiment de l'ideulîté personnelle, la conscience d'avoir déjà conçu l'idée en question, etc. » — Assurément, le problème posé dans les termes où M. Boutroux Je pose est insoluble ; mais il faut reconnaître aussi qu'il n'est pas bien posé, et I" possibilité de le résoudre en ces termes ne prouve nullemei . que le souvenir ne soit pas soumis aux lois générales des forcer.! Remplaçons le souvenir par la santé et supposons une série de quantités de santé en fonction d'une série de quantités de mouvement : nous aboutirons à la même impossibilité et au même vague sous l'apparente précision des formules mathématiques ; la santé n'est pas une quantité mesurable, mais bien un nom général donné à des phénomènes complexes. S'ensuitil que les phénomènes de la santé et de la maladie ne soient pas au fond réductibles à une composition de forces ? Pour procéder selon une méthode scientifique, il ne faut pas imaginer des opérations- vagues où on symbolise le souveriir et le mouveme7it, il faut considérer les éléments les plus simples de l'existence psychique et, avant tout, la semation. Remplacez, dans les formules précédentes, le souvenir par la sensation, S, et non pas seulement par la sensation en général, mais par l'intensité de telle sensation, comme celle de pression, de lumière, de son, etc. : les formules mathématiques prendront un sens précis et ne seront plus ridicules ; vous aboutirez à des relations plus ou moins exactement dé&niei

comme celles de la loi de Weber. Même dans le souvenir, i' a des éléments que nous concevons mesurables en eux-mêmi

sinon pour nous : 1 ° Vintensilé de la sensation affaiblie qui f le fond de tout souvenir ; 2° le temps plus ou moins

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