‹ L'évolutionnisme des idées-forces (volume 2)Chapitre 8 sur 87 · LA QUANTITÉ ET LES ÉLÉMENTS DE LA FORCE DANS LES ÉTATS DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

LA QUANTITÉ ET LES ÉLÉMENTS DE LA FORCE DANS LES ÉTATS DE CONSCIENCE

En quoi le nom d'idées peut convenir à tous les états de conscience. — Premiers caractères des états de conscience qui leur sont communs avec les forces actives. — I. Force intensive. — II. Mesurabilité. — III. Variations d'intensité. — rv. Nombre. — V. Durée. — VI. Extensivité. — VII. Le mouvement dans la conscience.

Nous appellerons idées ^ formes mentales ou formes de conscience fetSoç, species)^ tous les états de conscience en tant que susceptioles de réflexion et, par réflexion, de réaction sur eux-mêmes y sur les autres états de conscience y enfin, grâce à la liaison du physique et du mental, sur les organes du mouvement (1).

1. Tzï idées j Locke entendait toutes les apparences qui existent dans les esprits et que nous rapportons ultérieurement à quelque chose d'extérieur; les idées» en ce sens, comprennent tout ce qui est immédiatement présent à la conscience» « tont ce qui est l'immédiat objet de percention ou de pensée. » On a beaucoup reproché à Locke ces espèces é'objefs intérieurs qu*il admettait sous le nom d'idées; et pourtant, il est certain que c'est seulement par les objets de la conscience que nous pouvons connaître les objets réels ; il est certain que le sujet conscient peut et doit avant tout prendre pour objet ses propres modifications» qui deviennent alors images ou idées. Hume restreignit le terme d'idées aux images reproduites^ aux re-présentations. C'était là faire un pas en arrière ; car pourcjuoi ne pas appeler idées non seulement les re-présentations, mais les présentations elles-mêmes, les images actuelles, les sensations, perceptions, émotions, auxquelles la conscience s'applique en y faisant plus ou moins attention et que, par cela même, elle distingue? En ce sens. Descartes appelait pensées et Spinoza appelait idées tous les modes de conscience. C'est l'équivalent de la VorsteUung des Allemands.

Les idées seront donc pour nous, conformément à la grande tradition philosophique, tous les faits de conscience en tant qu'ils peuvent devenir objets pour fa conscience même. On verra que nous ne considérons pas pour cela, avec

La question capitale à laquelle nous rapporterons toutes les autres, c'est de savoir si les idées ainsi entendues ne

Sauvent devenir des facteurs réels dans l'évolution mentale, es forces intérieures capables de réagir sur cette évolution et, par son intermédiaire, sur l'évolution universelle.

La vie consciente, d'où proviennent toutes les idées, donne lieu à deux problèmes importants : — 1° Quelles sont les conditions de la conscience ? 2° Quel en est le fond, et ce fond est-il lui-m(îme quelque chose d'inconscient?

Les conditions de la conscience ont été invoquées par Maudsley et par l'école matérialiste comme preuves de sa nature superficielle et inactive, ainsi que de son inexactitude représentative. Loin de justifier ces accusations, l'étude des caractères essentiels qui appartiennent aux états de conscience nous semble favorable à la doctrine qui les considère comme des facteurs exerçant une réelle influence.

I. Intensité des états de conscience. — Le premier carao^ tère qui, au sens le plus général du mot, peut faire une force de tout état de conscience, de toute idée on sentiment, c'est l'intensité, le degré. Or, tout état de conscience, quel qu'il soit, a une intensité. Kant est même allé jusqu'à faire de ce principe une « anticipation de la perception, » c'est-à-dire quelque chose qu'on peut d'avance affirmer de toute perception. Dans une perception de couleur, par exemple, il y a quelque chose qui ne peut être deviné avant l'expérience, anticipé : c'est la sensation même avec sa qualité spécifique; jamais l'aveugle n'anticipera la sensation du rouge. Mais il n'en est pas ainsi de la quantité intensive, considérée en général. Même dans une sensation différente de toutes celles que j'ai eues jusqu'à présent il y a quelque chose qui pourrait être anticipé et affirmé d'avance, c'est qu'elle a une intensité. C'est par ce moyen qu'un aveugle-né se figurait la couleur écarlate comme un son de trompette ; une grande intensité est en effet le caractère commun des deux sensations, elles se ressemblent par leur force.

On n'a pas assez remarqué les conséquences de ce principe

Herbart et d'autres psyciioJogues, les étals de conscience comme étant primitivement et essentiellement représenta tifâ. Maie tous les étaU de conscience enveloppent m'rtuelkment un rapport au )ujel et un rapport possible k quelque objet ; ils n'eiisteat pas dans le vide ni dans l'isolement : ils sont états de quelqu'un, -Tiennent de quelque cause et tendent à qnelqne fln. Cette cause qui les produit, cette fia qu'ils poursuivent, ce centre inlérjenr vers lequel ils conïeraent pourront plus tard être représentés : les Étals de conscience sont doue des ' tnelles ou actnelles.

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