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et l'objet, qui sans cela ne pourraient s'unir dans la connaissance, et la métaphysique est la recherche même de cette unité fondamentale. Mais, au lieu de la placer dans un monde transcendant, ce qui n'est qu'une unification illusoire, on doit la placer avant tout dans le monde même dont nous faisons partie; par conséquent, on doit admettre une unité de composition et de lois primordiales entre les phénomènes physiques et les phénomènes psychiques. Puis viendra la question finale : — Parmi les données de l'expérience, quelles sont celles qui se prêtent le mieux à une généralisation universelle et qui, en conséquence, doivent être rangées parmi les facteur» primitifs de cette évolution une dont le monde actuel est l'effet actuel?
Dans une explication physique, par exemple celle des mouvements de la peur, on ne peut pas faire intervenir le mental, par exemple Yémotion même de la peur, comme un anneau intermédiaire placé entre un mouvement cérébral et un autre mouvement cérébral. Etant données les cellules du cerveau avec leurs mouvements actuels, les mouvements ultérieurs suivent selon les lois de la mécanique. Mais la question philosophique est de savoir si les cellules du cerveau et leurs mouvements, si même les atomes composants des cellules pourraient être réellement donnés, sans qu'il y eût parmi les facteurs premiers de leur existence concrète des facteurs
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d'ordre mental tout autres que les facteurs purement algébriques et mécaniques; en un mot t il s'agit de savoir si la matière, dont l'évolution produit les organismes, n'enveloppe que figure et mouvement, ou si elle enveloppe quelque chose de psychique, un germe de sensation et d'appétition. Or, il est clair que l'exclusion des facteurs psychiques du nombre des facteurs primordiaux de l'évolution ne peut être démontrée expérimentalement; rationnellement, elle ne peut pas davantage être démontrée; de plus, elle est à ce point de vue insoutenable, parce qu'alors le problème, pour te matérialisme, revient à tirer des facteurs d'une équation ce qu'on en a préalablement éliminé. Toute la philosophie des idées-forces n'a d'autre but que de montrer l'impossibilité philosophique d'une telle élimination et le caractère purement algébrique d'usé conception mécaniste du monde sans éléments psychiques.
Outre qu'elle est un monisme, la doctrine des idées-forces est donc un évolutionnisme à facteurs psychiques, et non plus à facteurs exclusivement mécaniques. Spencer, au contraire, prend pour loi primordiale l'évolution entendue mécaniquement; or, l'évolution mécanique et même, en général, l'évolution n'est pas vraiment une loi : elle est un résultat de lois, qu'il s'agit précisément d'expliquer. Les feits historiques du dix-neuvième siècle n'ont pas lieu parce que le monde évolue, passe de l'homo-