‹ L'évolutionnisme des idées-forces (volume 4)Chapitre 18 sur 73 · LA C0NSC1ENG12 N'ATTEINT-ELLE QUE DES APPARENCES · texte numérisé non relu

LA C0NSC1ENG12 N'ATTEINT-ELLE QUE DES APPARENCES

Quand donc on dit : — « Les faits immédiats de conscience peuvent n'être que des apparences, » on est toujours dupe de l'illusion qui transporte à la conscience les caractères de l'observation extérieure. Les couleurs, les sons, les odeurs, les saveurs, les résistances^ le chaud, le froid, ne deviennent des apparences qu'en tant qu'on les considère comme signes d'une réalité externe^ d'une substance matérielle inconnue en soi. Ce sont, à ce point de vue, des phénomènes, c'est-à-dire des manières d'apparaître. Mais, pris en eux-mêmes et tels cju'ils sont donnés dans la conscience, les sons, les couleurs, les odeurs, les peines, les plaisirs, les pensées ne sont plus des j)hénomènes, des signes, des apparences manifestant autre chose qu'eux. C'est par une assimilation vicieuse du prétendu sens intime au sens externe que Kant a pu transformer ainsi en phénomènes les données immédiates de la conscience; nous n'avons pas de sens intime, la conscience n'est pas un œil différent de ce qu'il regarde, une vision distincte de ce qui est vu, sinon quand il s'agit précisément des substances extérieures . C'est aussi par une hypothèse toute métapjhijsique, et en même temps toute physique, qu'on imagine un dessous de la douleur ou du plaisir, qui différerait d\x pJiénomène de douleur ou de plaisir. Quand on exclut de la psychologie, comme l'exige au début la véritable méthode, toute hypothèse inutile, soit métaphysique, soit physique, soit psychique, on ne doit parler ni de substance ni de phénomènes : les faits de conscience ne sont ni des postulats, ni des hypothèses, ni des apparences, ni des signes, ni les modes d'une substance, ni « les phénomènes d'une chose en soi ; « ils sont des données immédiates et actuelles de la conscience. En ce sens on peut, avec Aristote, les appeler des actes. Il n'y a pas lieu non plus de chercher au delà d'eux des pjuissances ou facultés : ils sont des actualités, des faits présents à eux-mêmes, où il est impossible de distinguer l'existence réelle de l'existence consciente.

xVussi peut-on dire que les sciences physiques tendent à devenir, sous certains rapports, de moins en moins expérimentales, à donner une part de plus en plus large à ces constructions et déductions dans lesquelles, dit Wundt, la métaphysique et la mathématique joueront un rôle croissant; la psychologie pure, au contraire, tend à devenir de plus en plus expérimentale, en ce sens qu'elle cherche de plus en plus à dégager par l'analyse les données de la conscience les plus immédiates , les plus directes, les plus irréductibles. Elle cherche à prendre sur le idSX, flagrante delicto, les actes mêmes

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