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LA CONDUITE AU POINT DE VUE PHYSIQUE

Considérée au point de vue physique, la conduite apparaît comme un ensemble de mouvements extérieurs adaptés à des fins. Bien qu'ils soient en connexion intime avec des états psychiques {sensations, volitions, pensées, etc.) et des fonctions biologiques, ces mouvements peuvent cependant être envisagés à part et distingués des autres phénomènes auxquels ils sont liés dans la réalité. Or, si Ton étudie la conduite sous cet aspect, on y découvre aussitôt la loi de révolution impliquant le passage du simple au complexe, de l'incohérent au cohérent, ainsi qu'une adaptation de mieux en mieux définie d actes à leurs fins. La comparaison des divers genres de conduite, correspondant aux divers degrés du règne animal, nous fait voir des mouvements de plus en plus cohérents, de plus en plus hétérogènes, de mieux en mieux définis quant à leur but, à mesure que se développent l'organisation et la vie. Spencer

revient ici à une idée déjà exposée plus haut. Fidèle à sa méthode expérimentale, il accumule les faits à Tappui de sa thèse. Passant en revue les divers degrés de la vie animale, il nous en décrit les manifestations extérieures, depuis les mouvements, incohérents, mal définis, uniformes des êtres inférieurs, jusqu'à ces mouvements variés, associés les uns aux autres, adaptés à un but nettement défini, qui font de la conduite humaine la dernière phase de l'évolution morale.

Et tout d'abord, les mouvements de l'être inférieur sont incohérents, c'est-à-dire qu'ils constituent comme autant de faits distincts, séparés les uns des autres, sans relations mutuelles. Ils ne forment pas un enchaînement d'actes subordonnés à une fin commune : tels, les mouvements exécutés comme au hasard par un animalcule. Ces mouvements sont en outre homogènes, ne présentant aucune variété, s'accomplissant toujours selon certains modes simples et uniformes. Enfin, on peut diflScilement leur assigner un but précis : ils sont mcU définis.

L'association des mouvements ou leur cohérence va croissant en même temps que la complexité de l'organisme. Chez l'animal supérieur se

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voient des mouvements multiples, coordonnés en vue d'une même fin, et qui présentent ainsi l'aspect d'un ensemble cohérent. Qu'on se rappelle les mouvements successifs d'un chat guettant sa proie. C'est une même trame d'actions dont les unes préparent l'accomplissement des autres. Ces actions sont en outre nettement définies, se subordonnant toutes à un but bien déterminé. Enfin, «lies présentent déjà une grande variété, selon que l'animal met en jeu tel organe ou tel autre, s'avance en se dissimulant ou se découvre tout à coup et bondit.

Mais ces caractères se retrouvent encore accentués dans la conduite humaine. Ici les mouvements actuels se rattachent à des mouvements passés depuis longtemps, et à leur tour en préparent d'autres d'un avenir encore lointain. De plus, par leur variété ils manifestent des facultés multiples et leur but est nettement défini.

En résumé, l'évolution de la conduite, au point de vue physique, suppose des mouvements de plus en plus hétérogènes ou variés, de plus en plus associés ou cohérents, de mieux en mieux adaptés à leurs fins.

Que résultera-t-il de cette évolution ? Une

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adaptation toujours plus parfaite de l'être à sno milieu, et, par le fait même, une augmentation de vie. On sait ce qu'il faut entendre par cette adaptation : elle doit permettre à l'animal de lutter efficacement contre les agents nuisibles du dehors et de s'approprier les éléments dont il a besoin pour vivre, se développer et agir.

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