‹ L'exagération des réflexes tendineux dans l'insuffisance antitoxiqueChapitre 3 sur 8 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« Le diagnostic de rinsuffisance rénale reposait tout entier naguère sur un ensemble de troubles généraux et fonctionnels, tels que les phénomènes urémiques, hydropisies, petits signes du brightisme, bruit de galop... Grâce à la facilité de leur recherche et à la longue expérience acquise à leur sujet, ces signes restent toujours la condition première de tout diagnostic d’affection rénale. Mais ils sont plus propres à établir l’existence et la nature des lésions des reins qu’à faire connaître les troubles de leur fonction. »

Ainsi s’exprime le professeur Achard au début de son rapport sur le diagnoslic de l’insuffisance rénale, présenté devant la section de pathologie interne du Congrès inter-

national de Paris, en 1900. Ce sont des troubles de cet ordre et des signes de cette nature que nous avons dessein d’étudier et dont nous avons essayé de montrer la valeur en recherchant l’état des réflexes tendineux dans quelques cas d’insuffisance antitoxique.

Mais si les modifications des réflexes tendineux constituent, comme les phénomènes dont parle Achard., des signes faciles à rechercher et dignes par conséquent de prendre rang parmi les éléments d’un diagnostic clinique, elles ont, à notre avis, un autre sens et une autre portée, et sont plus faites au contraire pour établir dès le premier examen l’insuffisance des fonctions antitoxiques que l’état anatomique de tel ou tel organe. Leur signification n’est pas seulement différente ; elle nous apparaît comme plus générale. Nous verrons, en effet, que ces modifications des réflexes tendineux — dans le sens de l’exagération — existent quels que soient le ou les organes atteints, quelles que soient la nature et la profondeur de leurs lésions, pourvu que celles-ci, par des mécanismes plus ou moins complexes, par des troubles successifs de fonctions multiples, aboutissent à la rétention, dans les milieux internes de l’organisme, de poisons capables d’augmenter l’excitabilité neuro-musculaire, c’est à dire à une certaine sorte d’insuffisance anti-toxique.

Nous devrons dans un premier chapitre nous expliquer sur le sens de ce terme si général d'insuffisance anliloxique. Et ce ne serait pas la partie la plus facile de notre tâche, si nous nous regardions comme contraint d’en démontrer scientifiquement l’existence par la double voie de l’expérimentation et de l’observation clinique. Cette œuvre serait, certes, disproportionnée à nos forces et à notre compétence présente, et sans doute à celles de bien d’autres.

Tout ce que nous voudrions faire ici serait de montrer, qu’en ce qui concerne les auto-inloxicalions et les troubles pathologiques qu’elles déterminent, il est temps d’abandonner ce mode organiciste de penser et de dire, qui amène la grande majorité des médecins — une fois posé le diagnostic d’affection rénale ou hépatique par exemj)le - à ne voir (pie la lésion anatomique et à expliquer par elle seule les accidents toxiques qui peuvent suivre. Dans un grand noinbir de cas, en effet, ces accidents dits d’insuffisance hépatique ou rénale n’a[)paraissent pas d’emblée et, lorsqu’ils se produisent, ce peut être à cause de l’atteinte plus profonde, de l’annihilation fonctionnelle presque absolue (ictère grave) des organes lésés, mais c’est bien plus souvent grâce à l’atteinte de fonctions d’abord intactes, à la sup[)ression de vicariances ou à l’accumulation occasionnelle dans l’organisme de substances toxiques nouvelles, c’est-à-dir(', en tin de compte, grâce à la mise en jeu de facteurs })lus ou moins étrangers à l’état de ces organes.

La solidarité physiologique et [lathologique du foie et du rein est dès maintenant bien prouvée par les travaux de l’école de Bouchard, [>ar ceux de Gouget eu particulier. Celle des autres glandes et tissus à fonction 'antitoxique est probable et peut être admise en bien des circonstances par une induction légitime. Ce que l’on sait de positif à cet égard est de nature à faire acceptei’ la notion d’une pathogénie complexe des troubles antitoxiques.

« L’organisme — dit Charrin dans son livre sur les poisons des tissus — l’organisme lutte grâce aux éliminations des poisons internes par le rein, par le tube digestif, la bile, la peau, parle poumon, |»arfois même par les larmes ; le cœur, la circulation, à l’aide des pressions.

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