‹ L'exagération des réflexes tendineux dans l'insuffisance antitoxiqueChapitre 4 sur 8 · JO · texte numérisé non relu

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des vitesses, prennent part à ces éliminations. Cette lutte se poursuit à la faveur des oxydations, des métamorphoses qui affaiblissent les toxicités à la faveur des défenses antitoxiques du foie, des capsules surrénales, du corps thyroïde, de la rate, de la moelle des os, des différents tissus solides et liquides.»

Bien souvent les accidents sont complexes, les poisons sont multiples, par leur origine, j)ar leur nature, et combinent leur action. Il en est de même des moyens de défense, et les processus antitoxiques s’associent comme se compli(|uent et s’enchevêtrent les processus toxi(}ues.

Nous trouverons plus qu’une présomption en faveur de cette manière de voir dans le fait de la diversité des cas cliniques, qui font l’objet de nos observations et dans lesquels nous retrouvons comme élément commun l’hypcrexcitabilité neuro-musculaire en rapport avec une auto-intoxication complexe. Ces considérations suffiront à justifier l’expression d’insuffisance antitoxique, en montrant qu’elle correspond à une réalité clinique, et ne manque de précision que dans la mesure où les faits sont eux-mêmes mal définis.

Le deuxième chapitre de notre travail sera consacré à la relation et à l’analyse de nos observations. Elles sont peu nombreuses mais presque toutes personnelles. La plu partontété recueillies dans le service de M. le professeur Grasset, parmi les malades en traitement, de janvier à mai 1903. Nous n’avons rien à dire sur la façon dont nous avons recherché les réflexes tendineux. Cette recherche est trop fréquemment pratiquée par tout le monde.

Quant au terme d’exagération des réflexes tendineux, nous croyons qu’il désigne quelque chose de suffisamment jirécis.

Dans un travail sur l’état des réflexes tendineux dans la'

fièvre typlioïde, Pliiyaiid divise les réllexes au point de vue de l’intensité en faibles, moyens et forts. On sait, d’autre part, quelles différences d’intensité ils présentent d’un sujet à l’autre chez des gens tout à fait normaux ; cette intensité peut varier en effet avec l’importance des masses musculaires, le volume des tendons, la longueur des leviers, le degré de résolulion musculaire obtenu, l’attention du jiatient à l’examen (ju’il subit, et avec d’autres causes mal. connues.

Mais^ malgré ces variations chez les sujets normaux, on n’est nullement en droit de confondre des réllexes amples avec des réflexes exagérés. Dans l’exagération, en effet, la modification porte non sur l’amplitude du mouvement obtenu, mais sur la rapidité de la réponse et la brusquerie de la contraction, qui témoignent seules de l’hyperexcitabilité de l’appareil neuro-musculaire ejfploré. Dire qu’un réflexe est exagéré, c’est donc parler d’un phénomène bien déterminéet facilement a[)préciable à l’examen.

Dans un troisième (dia pitre nous dirons quelques mots de la pathogénie de l'exagération des réflexes dans les cas qui nous occupent. Nous serons amené à admettre une action directe des [)oisons de l’organisme sur le système nerveux central. Mais nous laisserons complètement de côté une question de physiologie pathologique d’une importance, d’un intérêt et d’une obscurité considérab'es, celle du mécanisme général de l’exagération des réflexes tendineux. La discussion, qui en a été faite au Congrès des aliénistes et des neurologistes de France (Limoges 1901) à l’occasion du rapport de M. J. Crocq, a montré que l’accord n’est pas près de se faire sur la localisation même gi'ossière des centres des l’étlexes tendineux et du tonus musculaire. — Le problème est trop gros et trop mal éclairci pour qu’on ait l’intention de le soulever ici de

façon incidente. — Un travail spécial n’en pourrait, dans l’état actuel de la science, en apporter la solution, ni peut-être en préciser suffisamment les données.

Avant de conclure, nous essaierons de rapprocher l’exagération des réflexes tendineux de tout un groupe de symptômes, qui lui sont souvent associés en clinique, et que l’on appelle, depuis Dieulafoy, les petits signes du Jirightisme. Tous, en effet, cryestliésie, crampes, doigt mort, vertiges, sont comme l’exagération des réflexes en rapport avec l’augmentation pathologique du pouvoir excito-moteur des centres nerveux, et comparables par leur mode de production aussi bien que souvent juxtaposés cliniquement. Considérés d’abord comme inféodés à une lésion rénale, puis à l’artériosclérose générale, dont les néjihrites chroniques sont fréquemment une localisation, puis enlin ^ l’hypertension artérielle, il faut, dans bien des cas, les regarder comme l’expression d’une sorte de strychnisme par auto intoxication. C’est dire qu’ils nous donnent des renseignements d’ordre physiologique et non d’ordre anatomique.

On pourra nous reprocher de n’avoir pas eu recours dans les cas que nous appoi'tons, aux procédés modernes d’exploration des fonctions hépatiques et rénales par l’élimination provo([uée. Nous avons cru pouvoir nous en passer, même dans une étude du genre de celle-ci à cause de la relativité des renseignements qu’ils peuvent fournir et parce que dans toutes nos observations le diagnostic nous a toujours paru suffisamment établi d’autre part. Recherchant seulement la valeur d’un signe clinique d’auto-intexication nous nous sommes tenus strictement sur le terrain clinique.

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