CHAPITRE II
L’exagération des réflexes tendineux est un signe que l’on rencontre très souvenUen clinique et qui, par lui-même, n’a point d’autre sens et n’impose point d’autre notion que celle d’hyperexcitabilité du proto-neurone moteur, dont le centre cellulaire se trouve dans les cornes antérieures de la moelle, quel que soit d’ailleurs le mécanisme intinie de cette- excitation motrice. On la trouve d’abord dans des affections organiques du système nerveux central chaque fois qu’une lésion de nature quelconque intéresse la portion sous protubérantielle du faisceau pyramidal; on en observe la présence, non constante ni même habituelle, mais fréquente dans les névroses, hystérie et neurasthénie, et tout à fait couramment chez les alcooliques et les polyscléreux. Nous aurons donc, pour chacune de nos observations, à établir que l’exagération de la réflectivité n’est en rapport d’effet à cause avec aucun des états morbides que nous venons d’énumérer. La preuve n’en sera pas toujours facile à faire, d’autant que plusieurs de nos malades sont de toute évidence des polyscléreux, que chez eux la démonstration de l’inexistence d’une lésion médullaire de sclérose conjonctive ou vasculaire ne sau-
rait être absolue, et surtout que chez la plupart d’entre eux l’état des réflexes nous était inconnu avant l’apparition des troubles qui nous ont conduit à le rechercher. La marche de la maladie peut seule nous montrer d’une façon irrécusable, ([uand la réflectivité évolue parallèlement aux accidents toxiques, si la genèse de ses troubles leur doit être rapportée.