‹ L'excellence de la dévotion au cœur adorable de Jésus-Christ [microforme]Chapitre 54 sur 98 · Excellence de la dévotion au Sacré-Cœur · texte numérisé non relu

Excellence de la dévotion au Sacré-Cœur

la dévotion à son Sacré-Cœur, il est juste de ne pas ou. blier la vierge dont Dieu s’est servi de nos jours pour faire connaître cette aimable dévotion. Dans une lettre qu’elle écrit au directeur de sa conscience, elle rapporte une vision et révélation toute propre à notre sujet. Voici ses paroles:

« Pour ce qui est des faveurs signalées que mon Sauveur m'a faites au sujet de la dévotion à son Sacré-Cœur, je ne saurais entreprendre d’en faire ledétail. Voici tout ce que je puis vous en dire pour satisfaire aux ordres de mes supérieures: c’est qu’un jour de saint Jean l’Évangéliste, après avoir reçu de mon divin Sauveur une grâce à peu près semblable à celle que reçut le soir de la Cène ce disciple bien-aimé, ce divin Cœur me fut représenté comme dans un trône tout de feu et de flammes, rayonnant de tous côtés, plus brillant que le soleil, et transparent comme un cristal. La plaie qu’il reçut sur la croix y paraissait visiblement. Ily avait une couronne d’épines autour de ce Sacré-Cœur, et une croix au-dessus. Mon divin Sauveur me fit connaître que ces instruments de sa Passion signifiaient que l'amour immense qu’il a eu pour les hommes avait été la source de toutes les souffrances et de toutes les humiliations qu’il a voulu souffrir pour nous; que dès le premier instant de son incarnation tous ces tourments et ces mépris lui avaient été présents, et que ce fut dès ce premier moment que la croix fut, pour ainsi dire, plantée dans son Sacré-Cœur qui accepta dès lors, pour nous témoigner son amour, toutes les humiliations, la pauvreté, les douleurs que sa sacrée humanité devait souffrir pendant le cours de sa vie mortelle, et les outrages auxquels l'amour devait i'exposer jusqu’à la fin

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des siècles sur nos autels, dans le très saint et très auguste Sacrement.

«Il me fit connaître ensuite que le grand désir qu'il avait d’être parfaitement aimé des hommes lui avait fait former le dessein de leur manifester son Cœur, leur ouvrant tous les trésors d'amour, de miséricorde, de grâce, de sanctification et de salut qu’il contient, afin que tous ceux qui voudraient lui rendre et lui procurer tout l'amour et tout l'honneur qu’il leur serait possible, fussent enrichis avec profusion de ses divins trésors, dont ce Sacré-Cœur est la source; m'assurant qu’il prenait un plaisir singulier d’être honoré sous la figure de ce Cœur de chair, dont il voulait que l’image fût exposée en public, afin, ajouta-t-il, de toucher par cet objet le cœur insensible des hommes; me promettant qu’il répandraïit avec abondance dans le cœur de tous ceux qui l’honoreraient les dons dont ilest plein, et que partout où cette image serait exposée pour y être singulièrement honorée, elle y attirerait toute sorte de bénédictions : qu’au reste cette dévotion était comme un dernier effort deson amour, qui voulait favoriser les chrétiens en ces derniers siècles, leur proposant un objet et un moyen en même temps si propres pour les engager amoureusement à l’aimer, et à l'aimer solidement.

«Après cela, ce divin Sauveur me dit à peu près ces paroles: Voilà, ma fille, le dessein pour lequel je t’ai choisie. C’est pour cela que je t'ai fait desi grandes grâces, et que J'ai pris un soin si particulier de toi dès le berceau, Je ne me suis rendu moi-même ton maître et ton directeur que pour te disposer à recevoir toutes ces grandes grâces, parmi lesquelles tu dois compter celle-ci comme une des

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plus signalées, par laquelle je te découvre et je te donne le plus grand de tous les trésors, en te montrant et en te donnant en même temps mon Cœur. Alors me prosternant la face contre terre, il me fut impossible d'exprimer mes sentiments d’une autre manière que par mon silence, que j'interrompis bientôt par mes larmes et par mes soupirs.

«Dès ce temps-là, les grâces de mon souverain Maître devinrent plus abondantes ; ce qui fit que ne pouvant contenir les sentiments de l’ardent amour que je sentais, je tâchais de les répandre par mes paroles en toute occasion, dans la pensée que j'avais que les autres, recevant les mêmes grâces que moi, étaient dans les mêmes sentiments. Mais j'en fus dissuadée, tant par le Révérend Père de la Colombière que par les grandes oppositions que j'y trouvai. Tout le plaisir, du moins, que j'eus en ceci, et l'avantage que je tirai de ces petits excès de zèle et de ferveur, c'est qu’ils me procurèrent quelques humiliations, et une petite épreuve qui a duré quelques années.

«Le temps que mon divin Sauveur avait destiné pour cet ouvrage n'était pas encore venu : cependant il prit soin lui-même de me disposer selon son désir, commeilme l'avait promis, aux grâces qu’il voulait me faire: mais ce ne fut qu’en me faisart des grâces encore plus grandes que celles qu’il m'avait déjà faites. La première fut qu'après une confession générale detoute ma viecriminelle, d'abord après l’absolution, il me fit voir une robe plus blanche que la neige, qu’il appelait la robe d’innocence, dont il me revêtit, me disant, ce me semble, à peu près ces paroles : Ma fille, désormais les fautes que tu commettras t’humilieront beaucoup, mais elles ne m’obligeront pas de m'é-

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loigner de toi. Ensuite, m'ouvrant pour la seconde fois son Cœur adorable: Voici, ajouta-t-il, le lieu de ta demeure éternelle, où tu pourras conserver sans tache la robe d’innocence dont j'ai revêtu ton âme. Depuis ce temps-là, il ne souvient pas d’être jamais sortie de cet aimable Cœur. Je m'y trouve toujours, mais d'une manière et avec des sentiments qu’il ne m'est pas permis d’exprimer. Tout ce que je puis dire, c'est que pour l'ordinaire je m’y trouve comme dans une fournaise ardente du pur amour.»

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