‹ L'exemple de la France, avis à la Grande Bretagne [microforme]Chapitre 25 sur 31 · PO · texte numérisé non relu

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AVIS a za GRANDE BRETAGNE. 117

populace armée. Auffi cette populace a t-elle forcé le fanc-

tuaire, et fait fauter la conftitution par les fenêtres. Il sen eft fuivi des maffacres fi nombreux et fi cffrayants que perfonne n’a fenti fa tête plus affurée fur fes épaules que s'il eut été fujet du Roi d’Achem ou du Dey d'Alger. Quand aux propriétés, elles font devenues le jouet des vents. Yacil en Allemagne aucun defpote dont les fujets foient dans une fituation comparable à celle là? Quant à l'efpérance d’un meilleur fort, elle eft fondée fur des raifons bien plus vraifemblables du coté de l'Allemand que du coté du François : Car celui ci ne peut appercevoir d'autre remede à fcs maux que de nouveaux malheurs, et de nouvelles révolutions. Les fujets d’un defpote d'Allemagne feroient donc fagement de renoncer a toute penfée de liberté plutôt que d’adopter les idées d’une révolution femblable à celle de France. Le temps et une heureufe réunion d'é vénements peuvent leur fournir une occafion comme celle qui s’eft préfentée à la France qui eft pis que perdue, et dont l'exemple doit leur fervir d’inftruction.

La conclufion évidente de ce que nous venons de dire, c’eft que les nations devroient procéder comme font les in dividus en particulier, et ne s'appuyer que fur des cas déjà expérimentés. Des philofophes ont confeillé aux françois de cherclier un fyfême de liberté plus parfait que celui dont la Grande-Bretagne leur offroit un exemple confirmé par une longué expérience. C’eft donc en une pure thécrie qu'ils ont voulu infpirer de la confiance. Maïntenant que des jacobins et des réformateuts nous confeillent de perféélioner notre conftitution, ne nous donnent ils pas dircétement fuet de leur demander s’il faut hazarder fur de femblables théories la liberté dont nous jouiflons à préfent ; cette liberté que l'expérience nous a appris à bien connoitre ? Une repréfentation inégale, des bourgs corrompus, des A à de longue durée, une Cour extravagante, des miniftres intereffés et égoiftes, des majoritées fubornées ; © eft de tous ces maux que notre liberté pratique fe trouve entiemêlée et fortement entrelaffée. Mais ne dévôns nous récllement pas

p notre liberté à ces mêmes maux politiques qui choquent les

Q yeux

pi

118 L'EXEMPLE pe La FRANCE

yeux et enflamment le zéle de nos réformateurs modernes ? Hs ne font pas aflez habiles anatomiftes en politique pour nous faire voir le contraire. Il n’y a en France aucun de ces abus. La repréfencation y eft cgale; les Parlements y font de deux ans; il n’y a point de cour, point de tenure de bourgage ; les miniftres n’y font pas plus confiderés que des fantomes de paille; et Îles majorités n’y font corrompues et fubornées que par elles mêmes. Maisavec ces avantages fienviés, la France eft elle libre? Onyafaitune experience bien complette fur l'égalité de repréfentation du peuple. Qu'en eft il réfulié? Une forme celefe et divine felon nos réformateuri anglois; mais felon les propres paroles des jacobins eux mêmes membres de la Convention, il n’en eft réfulté qu'anarchie, ejfufion de fang et famine. L'aboliiion d'un. gonvernesent formel ref[erre plus étroitement la fociéré. Voila encore une des maximes de Paine le Saltinbanque. Il faudroit toujours rapprocher fes principes théoriques de la conduite des françois quien eft la vraie pierre de touche. C’eft en France qu’on connoit fort bien ce refflerrement, Ce contact de fociété ; furtout quand un homme enfonce fa pique dans le ventre d'un autre. Cela eft il donc bien encourageant, €t fi attra)ant qu'il faille introduire ce même ufage.en Angleterre? Cependant :l n'y à pas encore la dequoi contenter ceux qui demandent une réforme; il n’y a pas là dequoi les arrêter : nous avons donc de fortes raifons de croire qu'ils portent leurs vues plusloin. 1ly a tout lieu de penfer, qu’à travers l'obfeurité de cette premiere perfpeétive, ils en decouvrent une autre plus éloignée, mais aflez brillante pour fixer leur attention et flatter leur efpérance. Cette feconde perfpeétive leur prefente l'exemple de la France copié par l'Angleterre ; Je Roi, la Nobleffe, le Clergé, la Nation dépouillés, et le

partage de toutes leurs propriétés entre des Citoyens égaux ! 11 y a dans le dernier écrit de Mr. Mounier, qui eft un ouvrage admirable, une obfervation qui merite une grande attention; c’eft que dans le royaume ou il y a une Affemblée libre qui poñleue le pouvoir fur les finances, un danger réel n’eft pas pour la liberté dela Nation, mais pour l’exiftence de la Couronne. Le même écrivain dir encore qw'en Angleterre, le nombre ‘Ù des

E modernes ?

litique pour aucun de ces ents y font de de bourgage ; s fantomes de et fubornées fienviés, la ce bien com- . Qu'’eneft réformateurs jacobins eux réfulté qu'al'un, governe- Voila encore faudroit touconduite des "eft en France d de fociété ; le ventre d’un t fi attra)ant leterre? Ceenter Ceux qui oi les arrêter:

qu'ils portent , qu’à travers n decouvrent ur fixer leur de perfpective l'Angleterre ; pouillés, et le toyens égaux !

qui eft un oue grande attenffemblée libre r réel n’eft pas nce de la Cou-

terre, le nombre

des

AVIS à za GRANISE BRETAGNE 119

des repréfentants du peuple ef reparti très inégalement. De fimples Bourgs, qui contiennent peu d'habitants, ont par l'ufage le droit de députer, pendant que des difiriés très peuplés ne partici-

ent point aux éleëtions. Cette régularité paroït contraire ä piufieurs principes inconteftables; mais elle ne pourroit être reétifiée D augmenter les forces de la partie démocratique du gouvernement, fans un danger de rompre | ’équilibre E bien maintenu depuis un liécle. Sr jamais on confentoit à rendre la repréfentation plus égale, il feroit indifpenfable de fortifier les deux autres branches. L'inégalité de reprélentalion, furtout, produit un avantage en CE qu'une grande partie du peuple s'identifie beaucoup moins avec les députés des Communes ; el l'opinion publique est beaucoup moins corrompue par les pallions qui peuvent agiter la Chambre balfe. ,

I y a dans cette remarque un fens profond. Cet auteur, qui eft un des hommes et des politiques qui ont le plus de probité, fut un des chefs dans l’Affemblée conftituante dont il a remarqué les erreurs avec beaucoup de génie et de pénétration. Li fentit dès lors la vérité qu'il trace dans l'endroit

11 prévit que la conftitution établie

qui vient d'être cité.

par cette premiere Affemblée, feroit renverfée par l'ardeur

d’un peuple qui s’incorporoit, et fe trouvoit déja incorporé, avec les députés. Il prévit que les gens fans talents deviendroient bientôt aufli depravés que ceux quin'avoient d’autres talents que de corrompre les cœurs des autres.

Nos réformateurs prétendent que fi les défauts apparents de notre conftitution étoient corrigés, les gens fans propriété ne gagneroient pas à cela un pouvoir qui les mit en état de gagner d'avantage. Ils affurent que les réformes de chacun de ces abus ne feroient pas autant de pas qui conduiroient les non-propriétaires à S'EMpParer de Tout, Mais quel fait, qu’elle expérience peuvent ils citer en faveur de cette opinion? Sur quel fondement peuvent ils l’appuyer ? Les gvénéments de la révolution de France fourniffent une pré-

. fomption

a or rome ee #* Recherches fur les caufes qui ont empêché Les françois de devenir libres, tome TI. page 872.

Yi ) | è

120 L'EXEMPLE De 14 FRANCE

fomption pouf l’affirmative bien plus fortes que toutes les raifons qu'on pourroit alléguer en faveur de la négative. Mais c’eft un langage tout à fait dépl * que de parler de cas d'expériences avec des réformateurs qui ne veulent d'autres guides que de la théorie; les droits de l’homme et

autres femblables principes très propres a fervir de fondation à une République dans Bedlam. *

line paroit que les affüciatioris qui fe forment maintenant dans tout le royaume pourroient faire une chofe fingulierement bien convenable. Ce feroit de prefenter une requête au Parlement pour le prier de pañler un acte qui déclareroit “contraires aux loix tous clubs, affociations, fociétés et affemblées d'hommes réunis dans le deffein d’obtenir des changements dans la conftitution ; et qui declareroit auffi qu’'au- -cune affemblée ne peut légalement, ni.en fon nom, ni au nom de fon fécretaire ou autre Officier, correfpondre avec aucun gouvernement où corps étranger, à moins qu’une telle Affemblée ne fut établie en vertu d’une charte. Les amis du bon ordre et d’un bon gouvernement font miaintenant raffemblés :—Le temps eft précieux, il ne faut pas en perdre un moment. Pendant que nous fommes menacés des horreurs de l’anarchie, il eft important que nous mettions, à nous défendre, autant d’aétivité et d'énergie que les violateurs de tous les droits de l'humanité en ont mis à nous attaquer. Nous fommes placés dans ce moment, entre l’ennemi du genre-humain d’un côté, et de l’autre, le flambeau de la révolte qui s’allume en Irelande. Et quand certaines gens viennent nous dire qu'ils ne font point Jacobins, mais feulement modérés et partifants d’une fimple réforme, leur langage eft auffi impudent que celui d’un voleur qui me diroit qu’il n'eft point aflaffin parce qu’il ne fait que tenir la chandelle pour éclairer fon camarade qui me coupe la gorge.

Ce n’eft point une conféquence, de ce que nous venons de

- dire, qu’un gouvernement ne puiffe pas être ainélioré, et que

ls

* Hopital des Foux à Londres,

CE

jue toutes les : la négative.

ie de parler de ii ne veulent ce l’homme et r de fondation

nt maintenant ofe fingulierene requête au jui déclareroit iétés et aflemir des changet auffi qu'aun nom, ni au fpondre avec moins qu’une

charte. Les

font miaintene faut pas en mes menacés ue nous mettinergie que les ont mis à nous oment, entre autre, le flam- . Et quand nt point Jacone fimple réui d’un voleur il ne fait que qui me coupe

ous venons de nélicré, et que

le it

À VIS À ca GRANDE BRETAGME 121

la fience de la l'giflation doive fe réduire au repos. L’expérience ne coouamne que les grands changements ; mais dans des temps de calme, c'cit certainement un bisn de faire peu à peu et pur dégrés des changements en micux et qui n'expofeit rien aux événéments du hazard left ïacile dé mettre lc doigt fur les abus qui fe trouvent en Argleterre. Il n'y a pas d'homme moderé et honnete qui n'en défire la réforme: mais ce n'eft pas dans un temps ou l’on demande heauroup qu'il faut accorder pes, par cette railon toute fimple qu’a/ers le peu ne contenteroit pas.

La plupart de ceux qui liront cet écrit favent combien font énormes les taxes que je paye. Quelque lourd que foit ce fardeau j'aime encore mieux en refter chargé que de payer en place une contribution fonciére. Au moins le peu qui me refte m’appartient ; aulieu que fous l'adminiftration purc d'une égalite jacobine, il ne m'appartiendroit plus. lya certainement des maux dans notre fyftême de gouvernement ; til y en a auxquels J'ai confiänce qu’on remediéra. J'elpere que le remede fera appliqué, non point par l'influence des clubs et des fociétés de réformateurs. mais par notre légiflature qui agira en cela par dégrés, et d'après fa propre impulfion. ‘

On a cbfervé, il y a longtemps, qu'une république pour roit fubfifter avec ce quilen coute pour foutenir ie brilliant éclat d'une Monarchie, Les françois ont mis le fçeau de l'expérience à cet article comme à tou: les autres. Ils ont fair voir que le Citoyen Rolland et le Citoyen Robertipierre peuvent furpaffer en dépenfesextravagantes /’ Empereur Jo/enb et le Roi Gevrge. Jamais nation ne fut accablée de dépenies aulfi énormes que celles qui écrafént maintenant 1 France

Le déficit d'un feul mois a été de cent {oixante feize million: delivres ou fept millionstrois cent mille livres fterling. C'eil dépenfer a raifon de 90 millions de Louis paran. Payne dit qu’il el cruel de penfèr que la dépeufe annuelle pour ur Roi. fe monte à un #illion de livres fhrling, mais cette fomme ne

fuit pas pour un déjeuner à une afflembiée de citoyens,

ne grende partie de l'argent de la lifte civile de Angleterre R nef

122 L'EXEMPLE De 1a FRANCE

n’eft pas employée a foutenir l'éclat de la Courrnne. La dépenfe pour ce dernier objet ne fe monte probablement pas audeffus d'un demi fhellirg par tête, à raifon de la prpulaon de Ja Grande Bretagne. Ainfi il en coute derni fheling a chacun pour l'entretien d’un fouverain, d’un Gouverneur en chef qui retient dans leur devoir tous les autres wouverneurs et magiftrats fubalternes. Au lieu d’un demi fhelling pour jouir de la iranquilité, les françois payent maintenant a raifon de cinq fhellings par tête pour entretenir une bande d'aflailins et un: affémblée de chiens enragés. Une cour impériale fplendide ec migiifique pourroit être en'retenuie avec quelque chofe de moins qu'il en coute pour foutenir Le brillant éclat de la républ que françoife !

Selon Paine, la monarchie eff une chofe ricicule et méprifable.

Je la compare, dit il ,a quelque chofe de caché derriere un rideau, autour de laquelle ily & beaucoup de remuement et ve porit bruit, avec 11 air étonnant de folemnité apparente. Mais fi par que'que accident le rideau vient à être tiré la compaguie voit ce que c’eft, et fs livre à des éilats de rire. FE epuis que Paine a écrit ceci, il 2 eu, en fa qualité de Lésiflateur, de triftes occafions de s'afiurer par fes yeux, que la epréfentation du peuple peut préfenter des fçenes plus burlefques, et tout au moins auffi rifibles que toutes celles que peut offrir une monarchie. Jia vu, dans fa Convention, les coups de picds tenir lieu de fizures de réthorique, et les métaphares imprimées fur des yeux noircis decoups. Ji y a vu qu'on aidoit quelques fois aux Orateurs à defcendre de la tribur:e, en les renverfant ou en les jettantavec violence par deffus ls bancs. Il a été té moin de la politeñle des légiflareurs :le la Convention qui, quelques fois décident à coups de poings à äui parlera le premier, pendant que les gaileriescrient, battent des mains, tient ou applaudifent, D: fi agréables fçenes, repréfent'es en mille occafions, ne font elles pas admirablément bien propres à exciter tout fpeétateur à des éclats derire! Il ne faut pas oublier ici que notre bonnctier de Thetford a été honoré du furnom de Poliichinel de la Convention.

La France a perdu l’occafon, qu’elle a eu, de réformer fog

fon , ce p vaft l'ex] Ci, foit, eft | mép {ent:

La!

bien Fra de C a qu puif cer nant liqu vou:

favo la c don des cont dans tre part qui, tien Birr fern tout fupf fédi nos füitu

urrnne. La ablement pas de la prpula derni fheling Gouverneur itres gouverdemi fhelling t Maintenant ir une bande Une cour

e en'retente pour foutenir

cl méprifable.

ere un rideau, ce petit bruit, fi par queique ce que c’eft, et > a écrit ceci, oCCafions de j peuple peut a moins auffi narchic. [la enir lieu de mées fur des quelques fois enverfant ou Il a été té nvention qui, qui parlera le nt des mains, es, repréfenblément bien rirel ne

ford a été ho- :

de réformer fon

AVIS à La GRANDE BRETAGNE. 123

fon gouvernement, fans éprouver Ce convulfion. Si jamais ce précieux moment revenoit pour elle ou pour tout autre valie pais qui contiendroit beaucoup de pauvres indigente, l'expérience n’auroit a leur tenir d'autre langage que celui ci. ADOPT£’S LA CONSTITUTION BRITANNIQUE non qu'eile foit, dans la théorie, la meilleure de toutes, mais parcequ’elle eft bonne dans la pratique, Prenez garde furtout de vous méprendre fur cette. Confiitution, ct d'introduire la repré fentation perfonelle; car fi vous donniez dans cette erreur, La liberté Britannique, que vous auriez acopté, dégenereroit bientôt en un établificment d'anarchie femblable à celle de France. On peut refferrer dans peu de lignes la conclufion de Ce que nous avons dit dans cet article {ur les affociations.

Le danger de ce moment eft en vérité, très grand. Iln'y a qu'une activité fans relache et une diligence continuelle qui puiffe nous tenir fuffifamment en garde. 11 faut donc ex:rcer cette diligence et metire en jeu cette activité, en foutenant unanimement l’adininiftration a laquelle la fureté publique eft maintenant confiée. Il ne s'agit pas de f.voir fi vous êtes ami ou ennemi de cette adminifiration. Il fuffit de favoir que vous aimez le genre humain, et que vous défirés la confervation des vies et des propriétés. Réuniflez vous donc en aflociations, pour nous défendre contre des bandits, des conpe-gorges et des Jacobins. Réuniflez vous donc contre un autre ennemi plus fubtile, et par confequent plus dangereux; je veux dire contre les amis de la reforme ; contre ces gens qui fe font affociés dans l'irtention de planter parmi nous l'arbre de la fberté égal:; contre ces Charlatans qui, pour guerir les maladies de notre conftitution angloife, uennent tout prets le beaume françois et les poignards de Birmingham. Mettez vous en garde, ct dirigés vos plus fermes réfolutions contre leurs mauvais deffcins. Invoqués, tout d’une voix et unanimement la légiflature, añn qu'elle fupprime, par des loix rigoureufes ct décifives, les clubs de fcdition,, ies afiociations de ceux qui fe difent #os amis et nos précepleurs conftitutionels. Car leurs leçons font des inflituts d'anarchie, et f1 leurs opinions prévaloient, leur a-

mitié

mitié aureit bientôt cimenté, de notre fang le lus puf, cette Conveation nationale Britannique dont leurs faciétés nous menaçoient, il y a fi peu de temps. * nant, et jamais il n’y a eu de gouvernement dans le mondé “excepté celui d'Angleterre, qui fouffrit des aflemblées dont Yes deffeins avoués et manifeftés feroient de le briferen piéces.

ment et les fantés qu'ils fe portent les unsaux autres, on feroit

124 EXEMPLE pe La FRANCE

Il n’y a mainte-

Aucun autre gouvernement ne fouffriroit des affemblées de gens dont l’objet feroit de témoigner leur mécontentement et de rendre le peuple auffi malheureux qu’ils font eux-mêmes. A confidérer les qualifications dont ils s’honorent mutuelle-

tenté de croire que le royaume a été pendant quelque temps dans un état de ruine complette, et que les libertésdu peuple 6: toient devenues le jouet des tyrants. On s'imagineroit que l« Preffeaété fous unimprimatur, maisque le zéle d’un individu a rétabli la liberté de la Preffe. Dns’imagineroit qu’un autre membre de ses fociétés a fait rendre au peuple fows/fes droits ; qu'un troifieme n'a euqu’à parler pour faire choifir toute la repréfentation qui fe trouve dans le Parlement; qu’en finl’habileté et les efforts d’un quatrieme ont empêché que les propriétés de l'Angleterre fuffent à la merci du droit de lever les impots. En écoutant les difcours qu’ils prononcent, on apprendroit avec furprife que le peuple d’Anglcterre ne doit point fon bonheur à la fagefle et à la protection de fon gouvernement, mais qu’il n'a été amené dans la profpérité que par des careffes trompeufes, que Île peuple anglois a été une v:/7ime qui a vu d’un œil d’envic les conquêtes glorieufes des réformas teurs irlandois,

Un étranger qui affifteroit à ,ces affemblées, qui y feroit témoin des difcours et de la conduite qui s’y tiennent, un étranger

. ee eteeemne einen em ee RE

ve Je ve fais quelle fenfation d’autres éprouvent en lifant les regiftres des affemblées des Jacobins, des réformateurs, des amis de La Conflitution, des anus dé La liberté de da Prefe. Quand a moi, ils me paroïllent à demi Co» imigues et a demi dégoutants. Îe n’y vois qu’un étrange Salmigondis de difcours, de boilfons et de chanfons, Il y a de quoi refter dans le doute pour favoir s’il faut les c#voyer dans la Tour de Londres, comme traitres, Ou À

l'hopital de Bedlam comme foux, ou s’il faut les balayer tous et les réunir : : À comme pérturbatcers du repbs public dans les mations de coricélion,

étran£ d'aiile que lc natiof natior en fp par €) un au fa ma n'itre fulter Hélas du p paier

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sdu peuple éineroit que l# l’un individu it qu'un autre ous fes droits à fir toute la re- : fin l’habileté es propriétés ver les impots.

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les regiftres des y Conflttution, dès ient à demi Co se Salmigondis de

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coricélion,

AVIS à za GRANDE BRETAGNE 12f étranger, qui ne connoitroit pas encore l'Angleterre et qu d'ailleursne feroit pas bien informé,.concluroit certainemen® que les anglois ont été plus malheureux qu'aucune autre nation du monde, ec en particulier plus malheureux que Ia nation françife. On peut quelque foi, s’amufer à diftriuer en fpérulation, les grandes charges de f'l'tat Suppolons, par exemple, qu'un de cès Orateurs foit Sicrétaire d'état, un autre Secrétaire du Secrétaire, un troiñeme Tréforier de {a marine, un quatrieme Payeur en chef, ün cinquieme Mis niitre de lag iérre, un fixiéme ptocureur Général. Que ré fulteroit il cout d'un coup de cet arrangement deftructifà Hélas ! ou en feraient alors lé, droits de la prefte, les droite du peuple, les droits de repréfentation, les droits de ne pag paier d'impots fur les deares'!

mare

Queflion sur la Guerre.

NE longue expérience a du convaincre tout homfne, qui rélechit, que la guerre eft un mal, et que pair confés quent il doit l'avoir en averfion. Dans le moment aétuel comme en tout autre temps, il deit penfer qu'il faut aclopter un fyftême de politique qui nous pro nette une paix de longue durée, une paix qi tubfifte d'ici à cinquante ans, s’il et poffble. . Voilale feul principe qu'un homme d’Etat doit {e propofer pour regle. Si nous avions maintenant quelque moyen de garder la paix, et d'éviter la guerre avec ces nouveaux deftructeurs du genre-humain, j'éleverois ma foible voix pour folliciter nos rmniftres d’État d'employer les plus exactes précautions pour conferver la paix. : Mais fupootons que la confervation de là paix ne ferve qu'a aiguifer des épées, à fournir des magazins,. à repandre des pincipes qui bienrôt feront employés à notre deltruét: «avec un fucces dix fois plus grand que celui qu'ils auroient à prefeni ; fus pofons qu'on mette en ufage la rüfe et toutes fortes de inoïens

Anfidicux ann de planter parmi nous étde cultiver ces prin- D gipes

cines defiructeurs; je demande à tout homme raifonable s'il pente qu'il eft à p opos de garler maintenant ue paix quientraineroit infalliblement tous ces malheurs? N'eft il pas, au contraire affez évident qu'au bout du compte, chaque a née de guerre, dans ces temps de crife, aflurcra probablement dix ans de paix par la fiite ? Par conféquent de t'utes les vue. politiques, qui peuvent nous promeitre une palx permanente, la plus fage eft celle qui regarde cem. me abfolument necefaire une guerre paflogère,

Il y a très peu d'exemples d’une réunion de circonftances qui ait produit une fituation auffi finguliere que celle ou nous fommes, Dans {refque toutes les guerres dans lefquelles ce royaume à ete crgage vepuis le temps de notre révolution,

note gouverrement où le parti de lo pofition n ont regardé k

que leurs püpres intérets: rarement ils ont eu egaid a ccux de là Nation. Le parti de l’oppofition dans le Parle. ment, par fes clameurs contre Sir Robert Walpole, fit dé. clarer la guerre de 1744 qui était d'aitleurs abfolument fans obet Celle de 1756 fut une guerre de Commerce pour la con. fervation des celonies La derniere avoit pour cbiet de re. tenir dans l'obéiflan e ces mêmes colenies d’Amerique, et acté en partie guerre de comnerce, en partie gucrie de fouvernement, et en pertie guerre populaire. C'eft à ces trois guerres que nous devons prefque toute notre dette Na. tionale. iles ont é.é entreprifes mal à propos à en juger felon les vrais principes de la politique, Il aurcit donc fallu les é iter. La pofleffion de l'obier, et a plus forte rai. fon la feule efrerance d'obtenir l'euret de chacune de ces trois guerres, ne valoit pas la centieme partie de la dépenfe qu'il €n a COuté.

Si l’objet, qui fe prefente maintenant devant nous, n’étoit pas d'une plus grande importance, à Dieu ne plaile qu'aucun honnête hon me plaidat en faveur de la guerre. S1lestrangois s'en fufient tenu à des arrangements domeftiques, s'ifs

ne fe fuflent mêlés que de leur propre gouvernement, en À

qi oi leurs aflaires nous auroient elles regarde ? knrien, nj °n préteale, Di en pohtique, Que leur nouveau gouverne

& — ment

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