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Différends entre médecins et clients

Au moment du paiement dos honoraires, le médecin peut se trouver en présence de deux personnalités fort difierentes : il a affaire, soit à un particulier, soit à un groupement constitué, suivant les cas, par l’État, les départements, les communes, l’assistance publique, les sociétés de secours mutuels.

Messieurs, quand un médecin réclame devant les tribu-

(1) Dechambre, Dictionnaire encyclop. des sc. méd., série, t. XXYII, art. Déon'tologie, p. 5.S9.

HONORAIRES

naux les honoraires qui lui sont dus par une collectivité, il lui est fort difficile d’arriver à un résultat satisfaisant ; il se trouve isolé, en présence d’une association puissante et il a de grandes chances pour succomber dans la lutte.

Voyons sur quel point portent les revendications. Le médecin présente sa note à son client; celui-ci, revenu à la santé, la trouve exagérée et refuse de payer; d’autre part, il prétend que le médecin a grossi le nombre de ses visites, de manière à augmenter le chiffre de ses honoraires. Pac contre, si le prix des visites doit être payé par une société de secours mutuels, si le client a eu le médecin gratuit, il se plaindra que celui-ci lui a donné des soins insuffisants, en ne lui faisant que des visites trop espacées, pour ménager son temps et sa peine.

Examinons quels sont les points sur lesquels le tribunal pourra baser son appréciation.

Tout d’abord, il s’occupera des habitudes locales: il est certain que le prix de la visite est plus élevé dans une grande ville, à Paris ou à Lyon, que dans une campagne pauvre; en un lieu donné, le prix moyen des visites médicales sera par exemple de 5 francs, alors qu’ailleurs il ne sera que de 2 francs ou même moins.

En outre, le tribunal s’informera de Vétat de fortune du client. Il est hors de doute que le malade riche doit payer plus cher que le malade pauvre; ainsi, le chirurgien qui demande 2 ou 3 000 francs pour une opération à une personne possédant 100000 francs de rente no pourra pas demander un prix égal à un ouvrier vivant de son travail et qui gagne péniblement de quoi nourrir sa femme et ses enfants. Les soins doivent être les mêmes, mais la rémunération sera de beaucoup inférieure.

Je ne saurais admettre, en prenant comme base des honoraires la fortune du malade, la raison qu’en donnent MM. Briand et Chaudé; ils disent qu’ « il est évident que, les malades qui appartiennent à la haute classe de la société exigeant plus de visites, d’assiduités, il y a lieu d’accorder

DIFFÉI5ENDS

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