DIFFÉRENDS ENTRE MÉDECINS ET CLIENTS
Acluellement, depuis que la loi de 1892 autorise la formation des syndicats médicaux, cette idée de tarif semble être moins en faveur.
Les raisons pour lesquelles cet essai fut mal accueilli par le public sont fort simples et ont été exposées par Dechambre ; il dit :
« Entre les nombreuses observations auxquelles pourraient donner lieu ces tarifs, il en est une, générale, qui suffît à les condamner : ils ne tiennent lieu ni de la valeur de l’ouvrier, ni de la somme de travail accompli, et c’est bien ainsi que la question doit être posée, sur le terrain tout industriel, ou, si l’on veut, artistique. Entre la visite de A et la visite de B, il y a, quant à la valeur, autant de différence qu’entre l’œuvre d’un grand architecte et celle d’un petit entrepreneur, ou entre le tableau d’un maître ou celui d’un rapin. Moi, patient, je veux bien payer 20 francs pour la visite d’un médecin habile, ou réputé tel, mais, en mon âme et conscience, celle de son voisin ne vaut que 3 francs (l). »
A ce que dit Dechambre, il faut ajouter un fait qui s’est produit chaque fois qu’il s’est agi de tarif ; tous les médecins d'une ville, associés ou syndiqués, ont été d’accord quand l’im d’eux a proposé de relever le taux des honoraires; mais sitôt que de la théorie on est passé à la pratique, ceux-là mêmes qui avaient été les plus ardents dans leurs réclamations se sont bien vite aperçus que le tarif était inapplicable et ont été obligés, les premiers, de porter atteinte à son intégrité.
Enfin, pour terminer cette question, les médecins et les clients se trouvant ainsi en désaccord, rien n'empêchera un médecin, qui ne fera pas partie du syndicat, de venir s’établir dans la ville, et ce sera, je vous l’assure, au détriment des confrères syndiqués, qui verront leurs clients mécontents aller réclamer les soins du nouveau venu.
(1) Dechambre, Diclionnaire encydop. des sc. méd., série 1, t. XX VIT, art. Déontologie, p. 5C2.
UONOBAIRES.