Poursuites en recouvrement d’honoraires
Messieurs, si le malheur veut que vous vous trouviez dans la triste obligation de poursuivre un de vos clients pour le paiement de vos honoraires, faites-le avec une certaine modération, de manière à garder le bon droit de votre côté ; surtout ne faites, au cours de l’action que vous engagez, aucun acte préjudiciable à votre mauvais client, et gardezvous de dire une parole ou d’écrire un mot, pouvant intéresser le secret professionnel. Je vous rapporterai à ce sujet une affaire absolument scandaleuse, qui se déroula devant les tribunaux, il y a quelques années.
Un médecin avait soigné une famille dont plusieurs membres étaient atteints de syphilis; ne pouvant arriver à se faire payer, il imagina d’adresser une sommation par ministère d’huissier. Celui-ci fit déposer son papier timbré chez le concierge du client, sans bien entendu le placer sous enveloppe, de sorte que le lendemain tout le quartier sut ([Lie M. X... refusait de payer les soins du médecin qui l'avait soigné, ainsi que sa femme et sa belle-mère, pour des accidents syphilitiques. Bien entendu, le client fut indigné de cette manière d’agir ; il intenta des poursuites et le médecin fut condamné à une indemnité et, en plus, à la prison.
Il est des cas fort délicats, dans lesquels, l’honneur d'une famille étant engagé, le médecin se trouve lésé sans pouvoir faire intervenir la justice.
Le 1)'’ IL.., président de la Société des médecins de Meaux, donna ses soins à une jeune tille qui s’était fait avorter; à la suite, sa santé fut fort ébranlée et les visites du médecin se prolongèrent pendant dix-huit mois. Deux ans après, parfaitement rétablie, elle se maria. Le D'’ IL., fit présenter sa note, on refusa de la payer.
Fort embarrassé, le médecin demanda l’avis du Conseil de l'Association générale des médecins de France, qui, après examen de la question, émit à l’unanimité l'avis que