‹ L'exercice de la médecine et le charlatanismeChapitre 28 sur 164 · TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE

Décès annuels dus à la tubevculose.

A Paris 54 pour 10 000 habitants.

A Saint-Oueu s:] —

Dans le quartier Popincourt 70-77 —

— des Chainps-Élysées. 18-21 —

Messieurs, il existe dans les villes des maisons fatales, je dirai plus, des côtés de rue, dans lesquels la tuberculose sévit coustammeul ; à Paris, à Uouen et dans quatre ou cinq autres villes, il nous a été possible de faire relever, maison par maison, les décès qui se produisaient, et leurs causes. Nous sommes arrivés à cette conclusion que, dans ces villes, il existait des rues et des maisons dans lesquelles on ne devrait habiter sous aucun prétexte. Il n’est pas facile de publier les résultats de ce travail, car cette publication causerait un grave préjudice aux propriétaires de ces maisons et soulèverait une question de dommagesintérêts. La publication n’a donc pas lieu. Cela est regrettable, car prévenir le public peut le mettre en garde et éviter souvent de grandes calamités. Ainsi, en janvier 1883, M. Du Mesnil (l) disait que la maison la plus malsaine de Paris était celle qui portait le numéro 21 de la rue Sainte- Marguerite, dans le quartier du faubourg Saint-Antoine, et que, si une épidémie venaitàse déchaîner sur Paris, le point de départ serait probablement dans cet immeuble. Dans l’été de la meme année, éclata une épidémie de choléra. Messieurs, Du Mesnil s’était trompé de peu, c'est au numéro 19 de cette rue que l’épidémie débuta. Cette prédiction, suivie à si biôve échéance dune sanction conforme, émut les pouvoirs municipaux, et M. Alphand, exhumant une loi de 1811, put faiie démolir tout un côté de la rue Sainte-Marguerite.

Je vous ai cité comme exemple Paris, mais, dans les villes de moindre importance, la mortalité causée par la tuberculose est également très considérable. Les mêmes facteurs de sa propagation entrent en jeu; ainsi, des villes comme Laval,

(1) Du Mesnil, V halAlaüoJi des pauvres à Paris[Ann. d'hyg., 188-3, t. IX, p. 25), et Uhygiène à Paris, 1890.

Fougèros, prôsontent uno iiiorlalilé do 80 tuborculoux sur 10000 habitants. C’est sans doute parce que les ouvriers de ces villes qui, pour la plupart, fabriquent la toile, travaillent dans des ateliers situés dans des sous-sols ou des caves; le plancher est en terre battue, 1 air et la lumière n'y pénètrent guère.

La tuberculose est, de plus, apportée dans les villes et les villages, par les jeunes gens venant de faire leur service militaii'e ou par les personnes de Paris en villégiatui e. Le maire d’une des stations balnéaires les plus en vogue du littoral de la Manche me disait, il y a peu de temps: « Autrefois, sur les 10 000 personnes composant la population stable, on constatait, chaque année, 3 à G décès par tuberculose, mais depuis que l’on vient en foule de Paris passer un mois ou deux dans notre ville, la mortalité, par le fait de la tuberculose, s’est élevée à 60 décès par an. »

Messieurs, quand, vers 1850, on a commencé à s’occuper de la question des logements insalubres, on a opposé, avec raison, les campagnes aux villes; mais ce qui était vrai à cette époque ne l’est plus actuellemen t, à cause des échanges incessants qui se font entre les diverses régions, grâce aux moyens

decommunication plus rapides. Sitütqu’une personne ressent

à la ville les premières atteintes de la tuherculose, son médecin ne manque pas de lui conseiller la campagne, et l’envoie respirer l’air natal; un jeune soldat prend la tuberculose au régiment, on le réforme, il retourne dans son pays. Les germes sont disséminés, et c'est ainsi qu’on voit bientôt se développer un foyer dans un endroit jusque-là indemne.

Ce fait s'est produit pour la Bretagne. Vous savez (jiie, dans ce pays, l'hygiène fait complètement défaut, les habitations sont en général mal entretenues, les planchers sont en terre battue, les animaux domestiques entrent librement dans la maison, il n'y a pas d’air, pas de lumière, les fenêtres ayant une largeur minimum, de manière à n’ôtre pas imposées; aussi le bacille de Koch a-t-il trouvé dans ce milieu un terrain favorable à son développement ; c’est pourquoi nous voyons

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