MALADIES ENTRAINANT LA DÉCLARATION OBLIGATOIRE
Liste du Comité d’Iiygiône.
Liste de l’Académie de médecine.
Choléra.
Atfeclious cholériformes.
Fièvre typhoïde.
Dysenterie épidémique.
Dysenterie.
Typhus exanthématique.
Diphtérie. Croup.
Angine couenneuse.
Variole, varioloïde.
Scarlatine.
Suette miliaire.
Fièvre jaune, peste.
liejetée à la majorité de 3 voix.
Rougeole.
Erysipèle.
Rejetée.
Coqueluche.
Rejetée.
Infection puerpérale.
Ophtalmie purulente des nouveau-nés.
Je dois vous donner quelques explications sur les raisons qui ont déterminé l’inscription de ces maladies. La Chambre des députés avait écarté d’abord les maladies dites secrètes, puis repoussé le ternie de maladies transmissibles, dans lequel on peut faire rentrer des affections qui ne mettent pas en danger la santé publique.
A côté du choléra, le Comité d’hygiène plaça les maladies cholériformes, afin d’empêcher la non-déclaration de certaines affections se rapprochant du choléra, dans lesquelles on trouve le bacille de Koch, mais que les médecins^ pour ne pas effrayer les malades et leur entourage, appelaient gastro-entérite ou cholérine. Le Comité avait mis sur sa liste la dysenterie épidémique. L’Académie de médecine raya cette désignation et engloba toutes les formes de la dysenterie. A la suite de la suette miliaire, l’Académie ajouta la fièvre jaune et la peste ; il n’y avait pas, en réalité, de désaccord entre le Comité et l’Académie. Le Comité, considérant que la loi de 1822 est toujours en vigueur et qu’elle rend la déclaration des maladies pestilentielles, exotiques, ioblgatoire, avait jugé inutile de les inscrire. L’Académie
eslimanl que la loi de 1822 pouvait être ni od idée, notamment par la loi sur la santé publique en discussion, pensa qu’il valait mieux les placer sur la liste.
La rougeole, l’érysipèle et la coqueluche ont été rayées par l’Académie de mi'decine; pour l’érysipèle et la coqueluche, l'omission n’est peut-être pes très grave. 11 n’en est pas de meme pour la rougeole ; c’est la seule maladie épidémique dont la statisti(iue soit restée la même depuis la déclaration obligatoire, alors que la scarlatine diminuait d'un cinquième, la diphtérie de moitié, et que la variole disparaissait presque complètement. Ce sont MM. (îranchcr et Vallin qui, à l’Académie, ont demandé à ce que la rougeole ne fut pas inscrite au nombre des maladies entraînant la déclaration; ils se basaient sur ce fait que le moment de la transmission de cette affection précède le moment de l’éruption et parfois tout phénomène morbide, même le catarrhe du début. Cette opinion est fondée. Cependant, dans un certain nombre d’épidémies on ne peut incriminer ce mode d’infection prématurée.
11 y a quelques années, une épidémie grave de rougeole se produisit dans la garnison de Ilochefort. Les troupes furent licenciées, on pratiqua la désinfection des locaux, et un nouveau contingent fut appelé à les occuper. Aussitôt, l’épidémie de rougeole relit sou apparition, épidémie très grave, oii les complications pulmonaires amenèrent 20' à 25 décès. Nouveau licenciement, nouvelle désinfection. Les soldats rappelés, l’épidémie recommença 11 a paru démontré que l’infection provenait de germes restés dans les locaux et ayant résisté à la désinfection, peut-être pratiquée d’une manière défectueuse.
Nous avons reçu d'Algérie et des Colonies des observations d'épidémies de rougeole s'étant produites dans des conditions identiques à celle de Rochefort.
Je pense donc qu’il sera nécessaire de faire entrer la rougeole parmi les maladies nécessitant la déclaration. Du reste la liste reste ouverte.
Faudra-t-il inscrire la tuberculose, dont je vous ai exposé le mode de propagation, alors qu’il est fort difficile de
DÉCLARATION DKS MALADlKS ÉVITARLES.
pi’eodre pour celle aU'eclion des mesures propliylacliques de lous les inslauls? L’Académie de médecine a pensé qu’il fallait encore allendre un nouveau progrès de nos mœurs, pour Iriompher des préjugés et des terreurs que soulèverait peut-être, dans certui/ies familles, la déclaration de tuberculose et de phtisie (1).