‹ L'exercice de la médecine et le charlatanismeChapitre 36 sur 164 · Mode de déclaration · texte numérisé non relu

Mode de déclaration

OuaiU au mode de déclaralion, il est fort simple. Le médecin doit envoyer sa déclaration à l’autorité locale, c’estci-dire au maire ou au secrétaire de la mairie, et en même temps au Prélet ou au sous-préfet de 1 arrondissement Vous comprendrez facilement pourquoi cette déclaration doit êlre ainsi faite en double. En France, sur 30UOO communes, 25 0ÛÜ environ comptent moins de 1000 habitants et 1200 n en ont pas 300. Dans ces petites communes, il est fort probable que le maire ne serait pas toujours apte à déterminer quelles mesures doivent être prises pour arrêter une épidémie; c’est pourquoi l’autorité préfectorale doit s assurer que le maire de la commune a pris les précautions nécessaires et au besoin les prescrire elle-même.

Pour sauvegarder le secret du malade le plus complètement possible, les médecins doivent envoyer, à l’autorité locale et préfectorale, le nom et le domicile de la personne atteinte d’une maladie épidémique, sur une feuille d’un

carnet qui leur est délivré, et sur laquelle, au lieu d’indiquer un diagnostic, ils inscrivent un numéro correspondant à la maladie dont souffre leur client. Nous avions espéré pouvoir obtenir pour les lettres contenant cette correspondance obligatoire la franchise postale, cela nous a été impossible; pour que la poste reçoive les déclarations gratuitement, il est necessaire de les faire sur une carte postale; je n’ai pas besoin de vous indiquer les inconvénients qui peuvent résulter d’une telle manière d’agir, aussi bien pour le médecin que pour le malade.

En résumé. Messieurs, l’obligation de déclarer les maladies épidémiques peut parfois causer au médecin de graves ennuis; dans tous les cas c’est une corvée désagréable, mais le médecin doit être soutenu par cette idée qu’il a un devoir social des plus importants à remplir. Ce devoir commence à être compris par le public. Celui-ci ne nous pardonnerait P. Brouardel. — Exercice de la niéd. 10

pas de ne pas tout faire pour enrayer la propagation des maladies transmissibles. Je sais qu’il n’aime pas beaucoup nos interventions hygiéniques; il y a en présence deux sentiments contradictoires que nous n'avons pas à concilier, nous devons faire notre devoir; bien faire et laisser dire, telle doit être la devise du médecin.

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