NOURRICES ET NOURRISSONS SYRUILITIQUES
apprendra de bonne foi tonte la vérité ; de sorte qu elle restera dans sa place, mais n’ignorera pas la raison pour laquelle on a fait cesser l’allaitement et pour laquelle on la conserve.
Les difficultés sont donc nombreuses. Au moment où vous interdisez l’allaitement au sein, la famille, prise pai la pitié pour le jeune enfant, dit : « Notre enfant avant tout . » Ne cédez pas à la contagion de ce sentiment, ne prenez pas de demimesures D’abord, parce que votre rôle est de préserver les personnes menacées, et plus tard, quand le scandale éclatera, la mère elle-même dira : « Ah! si le médecin nous avait dit... » Dans ces conditions, M. le professeur Fournier conseille au médecin de remettre à son client une consultation écrite. C’est bien; mais dans ce cas, M. Fournier me semble avoir une trop grande confiance dans la bonne foi des gens. 11 est probable qu’au moment où des poursuites seront engagées, cette consultation ne sera pas retrouvée. A mon avis, le médecin doit prendre de plus sérieuses précautions.
•Te vous conseille d’agir de la manière suivante ; laissez une consultation écrite, vous sauvegarderez ainsi la susceptibilité de votre client, en ayant l’air de croire à son entière bonne foi; mais, une fois rentré chez vous, écrivez-lui une lettre dans laquelle vous lui exposerez que l’affaire est tellement grave que, pour rassurer votre conscience et aussi à cause de la responsahilité que vous encourez, vous jugez bon de lui réitérer les recommandations que vous lui avez faites. Adressez-lui cette lettre par la poste, sous pli recommandé, et conservez-en copie.
Voyons maintenant quel est votre devoir quand la nourrice est contaminée .
Dans ce cas, vous devez, comme précédemment, exiger que la nourrice soit conservée, dans son intérêt, dans l'intérêt de son mari et de ses enfants, et aussi dans l'intérêt de l’enfant qu’elle nouriât. En effet, l’allaitement pourra être continué et le traitement spécifique que prendra la nourrice sera prolitable à l’enfant hérédo-syphilitique.
Mais, en la gardant, il faut que le père lui avoue la vérité.
LA RESPONSABILITÉ DU MÉDECIN
lui niontiG cjuellG pGiit propagGr la syphilis Gt la payG cri conséquGncG. Il faut quG 1 indGmnitG pécuniaii’G soit débaltuG Gt fixéG par écrit, non avGc la nourricG, mais avGc son mari, do sortG quG plus tard il lui soit impossiblo do poLirsuivrG dGvant Igs tribunaux ou do sg livrGr, ce qui arrivG souvGnt, à dGs pratiquGS do chantagG.
I PGsquG toujours, on vous proposGra dGs domi-mGsurGS quG VOUS UG dGVGz pas accGptGr, car 1g plus souvGut vos cliGiits Gt vous-mêiUGS auriGz plus tard à vous Gn rGpGntir. FoLuniGr citG 1g cas d un avoué do Paris, qui, sous prétexte que tout mauvais cas est niable, refusa le compromis qui lui a\ait été offert. Des poursuites furent plus tard engagées contre lui par la nourrice et il fut condamné à une grosse indemnité. Je vous laisse à penser le préjudice considérable que lui causèrent ces poursuites judiciaires.
Quand vous serez appelé a pratiquer 1 tixpertise sur un cas de transmission de la syphilis d’un nourrisson à sa nourrice ou inversement, vmus serez souvent fort embarrassé.
La nourrice letourne dans son pays, et ce n’est que longtemps après que l’action en dommages-intérêts est engagée ; comme les procès durent longtemps, ce n’est parfois qu’au bout de plusieurs années que le médecin est appelé à donner son avis. Dans ce cas, beaucoup de preuves peuvent faire défaut; en particulier, l’enfant cause de la tiansmission de la syphilis ou ses parents peuvent etre morts. Lournier cite le cas suivnnt; une nourrice, après avoir pris la syphilis de son nourrisson, retourne dans sou pa} s , elle contamine sa petite fille et son mari; de désespoir elle se suicide. Sa fille meurt; l’enfant qu’elle avait nourri et dont elle prélendait avoir pris lasyphilis était mort aussi , il ne restait plus que le mari. Les principaux témoins avaient donc disparu quand les poursuites furent engagées.
Les questions qui vous sont posées par le tribunal sont fortcomplexes; je me souviens que, dans une affaire au sujet de laquelle je fus commis, elles remplissaient toute une page. Comment devez-vous faire votre rapport?