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SERRE D NU À

SYPHILIS VACCINALE. : PATIT

deux glandes grosses comme une noisette, mobiles et indolentes. Le 21, la squame devint une vraie croûte recouvrant une surface ulcérée, avec légère induration à la base. Les jours suivants, l’ulcère s’étendit, sa base s’indura, les ganglions devinrent durs, gros, et restèrent indolents. Le 12 avril, parut un érythème cuivré, typique, avec adénopathie cervicale, etc. Depuis, la syphilis a suivi sa marche normale.

Les docteurs Rosi et Passigli n’eurent aucune manifestation syphilitique.

Cette expérience, faite en présence de nombreux docteurs, ne laisse aucun doute. Le sang d’un syphilitique peut être inoculé avec succès à un individu sain, Il n'en est pas toujours ainsi; mais, pour démontrer la possibilité clinique de la transmission par ce liquide, je puis citer deux faits.

Le premier s’est passé dans le service de Lorain (1). Le 12 janvier, une quinzaine de femmes furent revaccinées dans la salle Sainte-Adélaïde; le médecin vaccinateur pratiqua comme on le faisait alors. La génisse fut amenée dans la salle; le vaccin fut recueilli sur la lame d’une lancette et le médecin, se transportant auprès du lit des malades, les vaccina successivement en trempant chaque fois son aiguille dans le vaccin déposé sur la lancette. Il y avait donc un dépôt de virus-vaccin, source commune du vaccin inoculé à chaque malade. Une seule des vaccinées, atteinte de fièvre typhoïde, contracta la syphilis. Un mois après la revaccination, elle avail, au siège d’une des piqûres, un ulcus elevatum; elle eut, dans la suite, une éruption secondaire et une syphilis d’ailleurs bénigne. Elle fut examinée par Lorain, Depaul, Fournier, Siredey, etc.

Ce fait mérite d’être retenu. Le vaccinifère élant une génisse, il ne peut être incriminé. Le même instrument servit successivement à chaque malade; il n'était pas

(1) Fourchault, De La vaccine. de ses avantuges, de ses dangers. Thèse de Paris, 1866, p. 43,

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renouvelé et nettoyé après chaque piqûre, et il porta la contagion d’une malade à l’autre.

Lorain m'a communiqué un fait analogue observé dans sa clientèle. Dans une séance de vaccination à domicile, un jeune homme de vingt-quatre ans en pleine période secondaire de syphilis fut vacciné avant son grand-père; celui-ci prit la syphilis.

La possibilité de la transmission de la syphilis par la vaccination de bras à bras est donc démontrée, mais nous ignorons encore pendant quelles périodes de la syphilis le sang peut servir de porte-contage.

À la suite de tous les faits que je viens de vous exposer, la transmission de la syphilis au cours de la vaccination fut si bien établie que dans le public on s’en inquiétait. Lorain m'a cité le fait suivant. Étant appelé à pratiquer la vaccination de bras à bras dans une famille, un jeune homme d'environ vingt ans le prit en particulier et le pria de le vacciner ie dernier, parce qu'il avait la syphilis.

Dans le monde médical, il ne se rencontra que de rares opposants. Je ne vous citerai que le cas du D' Cory rapporté par le professeur Fournier (1). En 1881, persuadé de l'innocuité du virus-vaccin, il s’inocula quatre fois à l'aide de virus pris sur des syphilitiques ; trois fois le résultat fut négatif, la quatrième il prit un chancre du bras.

Notre opinion est donc formelle, le sang des syphilitiques, à certaines phases de la maladie, peut inoculer la syphilis. Pour le professeur Fournier, le sang paraît jouer le rôle principal dans la syphilis vaccinale, mais on ne saurait le prouver d’une façon absolue. Pour nous, son rôle est expérimentalement démontré; celui de la lymphe vaccinale sans mélange de sang ne l’est pas. Nous ne nions pas que la lymphe vaccinale puisse contenir le virus syphilitique, mais la preuve n’est pas faite et le contraire semble probable.

Avant que la vaccination animale n’eût supplanté la.

(1) Fournier, Leçons sur lu syphilis vaccinale, 1889, p. 15, en note.

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