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d'une opéralion bénigne, et en particulier pour l’extrac- Lion d'une dent.
Il faudra bien marquer, dans votre rapport, qu'il n'existe aucune relation entre la gravité de l'opération et les chances de mort. Rottenstein rapporte 49 observations de mort par le chloroforme. Elles se décomposent ainsi :
Grandes opérations, amputations, etc...,... 20 cas, Luxations de l'épaule........... ombre Re 17 — Luxations d’autres articulations............. 4 — Opérations portant sur les yeux......... MES
— lEÉCONER ES She once 6 —
De l’examen de ces chiffres, nous pouvons tirer quelques conclusions. En premier lieu, vous remarquerez que les opérations portant sur les yeux ou les dents ont occasionné 18 morts, soit presque autant que les grandes opérations. Cela tient, ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de vous le dire, à ce que le plus souvent les dentistes et les oculistes ont le grand tort d'endormir le malade sans le faire étendre sur un lit; la position assise semble favoriser la syncope.
En revanche, vous remarquerez qu'on ne signale aucune mort au cours des chloroformisations pratiquées pendant l'accouchement; cela tiendrait, d'après certains auteurs dont je partage du reste l'opinion, à ce que dans ces cas l'anesthésie est toujours pratiquée dans le décubitus dorsal.
Le second point sur lequel j'appelle votre attention, c’est la fréquence de la mort au cours de la chloroformisation pratiquée pour la réduction des luxations de l’épaule. Doit-on attribuer, dans tous les cas, la mort au chloroforme? Je ne le crois pas. Avant la découverte de l’anesthésie, Lisfranc avait déjà signalé la fréquence de la mort subite pendant les tentatives de réduction des luxations de l'articulation scapulo-humérale ; on avait cherché à l'expliquer par des lésions du plexus brachial, mais sans arriver à une démonstration.
Enfin, vous devez signaler dans votre rapport que la mort subite peut se produire avant qu'une opération soit com-
mencée ou au moment même où l'intervention va se produire. Vous rapporterez les cas suivants. Desault, avant le début de l'opération, trace du doigt la ligne où il portera le bistouri, et la malade succombe. Simpson brise accidentellement son flacon de chloroforme, il ne peut pratiquer l’anesthésie ; le malade meurt subitement au moment de l’incision de la peau. Verneuil, sans pratiquer l'anesthésie, écarte les lèvres d’un abcès du cou, le malade meurt. Cazeneuve (de Bordeaux) se prépare à pratiquer une amputation; en donnant des instructions à son aide, il place devant le visage de son malade une compresse sans chloroforme; le malade succombe. Enfin MM. Routier et Legroux sont appelés auprès d’une malade atteinte de fracture de la cuisse; ils se présentent chez elle, entrent dans sa chambre, la rassurent et la quittent pour préparer les appareils dans la pièce voisine; pendant leur absence, la malade meurt subitement.
Il est bien certain que, dans tous ces cas, si l'anesthésie avait été commencée, on aurait attribué au chloroforme des morts dont il n'était pas responsable.
Messieurs, avant de terminer cette question si intéressante de la chloroformisation, permettez-moi de vous donner quelques conseils qui pourront vous servir au cours de votre pratique médicale.
Tout d'abord, n'endormez jamais un malade sans l’avoir fait coucher et sans lui avoir fail retirer les vêtements qui peuvent occasionner une gêne quelconque de la respiration.
En second lieu, n'endormez pas seul; les magistrats s'inquiètent beaucoup de ce point. Il arrive fréquemment que des femmes endormies dans ces conditions ont, au moment de la période d'excitation, des rêves érotiques dont elles gardent le souvenir au réveil; elles vont aussitôt déposer une plainte chez le commissaire de police qui, devant les affirmations de cette femme, dont la bonne foi peut être absolue, ouvre une enquête et peut procéder à une arrestation. Deux fois, je fus commis dans des cas de ce