PT I D ES PI VENT PR TT TT OU DE PP PT
bc dei. c/-
side‘ à ES sde 7
genre, une fois pour un docteur, l’autre fois pour un dentiste. Pour convaincre le juge d’instruction de l'innocence des prévenus, je dus le faire assister, dans le service de M. Verneuil, à une série de chloroformisations ; un non-lieu s'ensuivit, mais les praticiens accusés avaient été arrêlés, et vous concevez quelle atteinte avait été portée à leur réputation.
Ne chloroformisez jamais seul, mais autant que possible écartez le mari. Il peut arriver qu'au cours du sommeil, sous l'influence de sensations voluptueuses, la malade prononce un prénom qui n’est pas celui du mari, ce qui place les époux dans une situation difficile et peut amener ultérieurement des troubles dans la tranquillité du ménage.
En dernier lieu, je vous recommande, si par malheuril vous arrive un accident, de conserver tout votre sangfroid. Je puis invoquer la parole de Pajot, qui, conseillant le sang-froid aux accoucheurs, quoi qu'il arrive, leur disait : « Je gage que dans un accouchement je tue la mère, je tue l'enfant et qu’ensuite toute la famille sera à mes genoux pour me remercier. »
Le médecin qui s'émotionne semble laisser croire à la famille qu'il n’est pas sûr de lui, qu’il a commis une faute. En 1853, un jeune médecin, médaille d’or des hôpitaux, endormit, assis dans un fauteuil, un malade auquel il devait enlever une loupe de la joue. Le malade mourut. Le médecin perdit la tête et,-laissant son aide avec le cadavre, se sauva en criant à la famille réunie dans une pièce voisine, pour attendre le résultat de l'intervention : « Tout va bien! » L'aide, qui n’était pas docteur, fut bien obligé d'avouer que la chloroformisation avait occasionné la mort. Des poursuites furent engagées, et les deux opérateurs furent condamnés à 50 francs d'amende. L'affaire vint devant la Cour d'appel, et les médecins furent acquittés. Velpeau, auquel on avait demandé son avis, prononça devant les magistrats les mémorables paroles suivantes ; je vous les cite textuellement, car elles ont fait époque dans l’histoire de l’anesthé-
sie et sont une véritable sauvegarde pour le médecin :
« Vous tenez entre vos mains l'avenir de la chirurgie, dit-il aux magistrats; la question intéresse le public plus que le médecin. Si vous condamnez le chirurgien qui a employé le chloroforme, aucun de nous ne consentira à l'employer désormais; aucun médecin, s'il sait qu'à la suite d’un accident impossible à prévoir, il encourt une responsabilité, ne voudra plus l’administrer. C’est à vous de maintenir l'abolition de la douleur ou de la réinventer. »
b. ÉruEer. — Je vous dirai peu de mots de cet anesthésique, qui est spécialement préconisé par l'école de Lyon (1). M. Gurli a publié une statistique d'après laquelle on ne compterait qu'une mort sur 13000 éthérisations, alors qu’elle indique une mort sur 2000 chloroformisations (2). Je vous ai dit que cette proportion de mortalité me semble bien supérieure à la vérité, et que les statistiques de [a guerre de Crimée et de la guerre de Sécession, qui indiquent une mort pour 10000 ou 11500 chloroformisations me semblent plus exactes. Vous voyez donc que les risques courus dans les deux cas sont sensiblement les mêmes, et que, si l'éther donne d'aussi bons résultats que le chloroforme, rien n'indique qu'il doive lui être préféré.
A mon avis, ilestuneraison qui doit porter les chirurgiens à ne pas employer l'éther; en effet ce corps, très volatil et très inflammable, occasionne de graves accidents, même si aucune lumière ne se trouve dans la pièce où on le manipule, les vapeurs pouvant traverser plusieurs pièces avant de s'enflammer à une lampe ou à un fourneau (3).
c. PROTOXYDE D'AZOTE. — Cet agent anesthésique a l'avantage d'endormir vite et de maintenir très peu de temps le patient sous son influence.
On a longtemps prétendu qu'il était absolument inoffensif.
(1) Voy. Julliard, Revue médicale de la Suisse romane, 1891, p. 8i, et Vallas, Revue de chirurgie, 1893, p. 299.
(2) Bulletin de lu Soc. de chirurgie de Paris, 1895, t. XXI, p. 376.
(3) P. Brouardel, Les explosifs el les explosions , 1898, p. 58.
dun cuithte Shah 1 2 eut
rio nitro hi
FIV LP
ppt
EMPLOI DES ANESTHÉSIQUES. 383 En 1875, Maurice Perrin (1) cita cinq cas de mort, quatre s'étant produits à l'étranger et un en France. M. Magitot en rapporta trois nouveaux survenus en Angleterre. Depuis, deux autres cas se sont produits en Angleterre, et personnellement J'ai été commis deux fois dans des affaires de ce genre (2).
Je vous rappellerai seulement que son emploi est fort délicat, et que les personnes qui sont endormies à l’aide de ce gaz prennent l’aspect cadavérique.
Dans une expérience d'insensibilisation par ce gaz qui fut faite devant moi par le dentiste Duchesne, j'eus absolument l'impression que le patient allait succomber.
Je ne sais quel point de repère guide les personnes qui emploient cet anesthésique, pour reconnaitre le moment où il faut en arrêter l'administration ; je vous rapporterai seulement les paroles de Duchesne, qui disait: «Il faut réveiller le patient avant la période de cadavérisalion. » Ce qui me semble justement fort difficile, c'est de délimiter exactement le début de cette période, et de ne pas le dépasser.