COMPAGNIES D'ASSURANCES
rent entre elles et firent venir un médecin qui accepta le prix de dix francs par visile.
Peu de temps après, un ouvrier blessé fut transporté à l'hôpital ; il était assuré ; la compagnie envoya aussitôt son médecin, qui se vit refuser l'entrée des salles.
La compagnie la Confiance me demanda mon avis sur de cas en litige.
Je répondis dans le sens suivant (1) :
A part les restrictions nécessaires pour assurer l’ordre dans l'hôpital, un malade quelconque a le droit de faire dans son intérêt, alors qu'il est à l'hôpital, ce qu'il ferait s’il était dans son domicile, à moins toutefois qu'il n'ait élé reconnu, d'après les règles légales, atteint d’aliénation mentale.
Le médecin traitant doit autoriser la visite du médecin de la compagnie, parce qu'il est peut-êlre de l'intérêt du blessé que la visite ou les constatations soient faites aussi rapidement que possible ; le blessé seul peut se refuser à recevoir cette visite, mais en aucun cas le médecin traitant ne doit substituer son appréciation à celle du malade et se faire juge s’il sera utile ou nuisible à celui-ci que les constataticns soient faites par la compagnie. En effet, agir ainsi serait mettre les malheureux, qui sont obligés de se faire recevoir dans un service hospitalier, en état d'infériorité, en leur refusant de défendre leurs intérêts aussi facilement qu'ils eussent pu le faire, si leur fortune leur avait permis de se faire soigner à leur domicile.
Enfin, j'ajoutais qu'il me paraissait évident que si un médecin traitant prenait la responsabilité d'interdire la visite du médecin de la compagnie, il faisait un acte compromettant pour lui-même. Si le blessé se croit lésé parce que certaines constalations, possibles au début, n'ont pu être faites, et ont entraîné un jugement quil estime défavorable à ses intérêts, il peut se retourner contre le médecin
(1) Brouardel, Rapports des médecins des compagnies d'assurances et des médecins trailants (Annales d'hygiène publique et de médecine légale. 1885. 3e série t. XII, p. 442).
traitant qui, en substituant son autorité à la sienne, lui a causé préjudice. Gette solution fut acceptée.