DOCTEURS EN MÉDECINE. OFFICIERS DE SANTÉ
ANNÉES. FES (ter NA ge |
Nombre Moyenne Nombre Moyenne
| lotal. annuelle. total. annuelle.
LOS LSOS EEE SE 2.519 252 1.423 142 SOA IS ERIC ETES 3.045 304 2.850 285 EIRE o00 0 cc 0 0 où 3.843 384 2.853 285 JSRO SSSR ER PEN TEE 3.236 323 2.897 290 1SSISISAS EE Pre 4.070 407 2.475 247 RATS ee re. 4.181 418 1.837 184 1859-1868... Mas 4.129 413 1.014 101 16021878. rar 5.344 534 985 98 LOTS SSSR rercere 6 808 681 980 98 LSSO TSI ET RASE EE 6.658 83? 6:7 63 Moyenne de 102 ans.. ....| 43.833 430 NT 176
Ce tableau vous montre que, depuis 1854, date de la suppression des jurys départementaux, le nombre des officiers de santé a diminué suivant une progression très rapide, à mesure que leur instruction médicale se rapprochait de celle des docteurs.
La statistique suivante du Ministère de l’intérieur, sur les médecins exerçants donne des chiffres peu concordants.
A Nat
Nombre des médecins de France, non compris l'Algérie (1).
: NOMBRE NOMBRE ANNÉES, des officiers des docteurs. ET
Diminulion et augmentalion, en 50 ans.
Cette diminution progressive du nombre des officiers de santé pouvait faire craindre que l’on ne pût compter sur cette institution pour assurer le service de la médecine dans les campagnes. En 1886, le Comité consultatif d'hygiène avait été frappé de ce fait que, en France, sur 36097 communes, 29795 n'avaient ni docteur ni officier de santé, et
que, si on faisait le compte par cantons, on trouvait que, sur 2871 cantons, 168 n'avaient ni docteur ni officier de santé; dans 183, le service médical était fait exclusivement par des officiers de santé.
Le Comité consultatif, devant cet état de choses déplorable, avait proposé, si l’officiat de santé était conservé, d’obliger les officiers de santé à s'établir à l'avenir dans les communes comptant moins de 10 000 habitants. Le Comité n’a pas persévéré dans cette proposition pour des raisons de deux ordres.
(1) La statistique du Ministère de l'intérieur ne présente pas les mêmes gar, nlies que celle du Ministère de l'instruction publique. La délivrance du dipldme de docteur ou d'officier de santé donne lieu à une perception. Il ne peut y avoir aucune erreur. La statistique du Ministère de l’intérieur est établie par les préfets, qui enregistrent les déclarations des maires. Celles-ci sont sans contrôle possible.
Il est difficile d'admettre que, lorsqu'on délivrait par an 400 diplômes
de docteurs, il y ait eu 18 000 docteurs, et qu’il n’y en ait plus que 14500 quand les Facultés délivrent 800 diplômes.
2 LA LOI DU 30 NovEMBRE 1892.
L'intervention de l'État, fixant la résidence d'un médecin dans une localité, serait une ingérence dont le résultat serait intolérable, car elle ferait perdre à une partie du Corps médical son caractère de profession libérale ; et si le médecin se trouvait lésé par ce système, le rôle de l'État ne serait pas acceptable. Comprend-on une société imposant à un individu l'exercice de sa profession dans une localité dont les ressources semblent insuffisantes, puisque aucun médecin n'y veut résider? Ajoutons que cette obligation serait sans compensation, puisque l'État, en nommant un médecin à un poste reconnu mauvais, n'offrirait pas à l'intéressé un traitement quelconque. Enfin, ce serait obliger les officiers de santé à ne faire concurrence qu'aux docteurs quise sont voués à la plus ingrate, à la plus fatigante des professions, à celle qui n'offre, en compensation, ni bénéfice pécuniaire, ni ces satisfactions morales qui peuvent quelquefois y suppléer.
D'autre part, rien n’empêcherait l'officier de santé exclu de la ville de 10000 habitants de venir s'établir dans la commune la plus proche de cette ville, à sa porte même, d'aller faire des visites dans cette ville, sans qu'aucun moyen de contrôle soit possible. De plus, supposez que l'officier de santé vienne exercer dans une ville de population inférieure à 10000 habitants, mais que, par suite d’un accroissement de la population, elle arrive, après quelques années, à dépasser ce chiffre; il lui faudrait alors quitter une ville où sa situation serait faile et sa réputation bien assise.
La seconde raison qui arrêta le Comité d'hygiène est un point de fait. Lorsqu'on rechercha où exerçaient les officiers de santé, on vit, en laissant Paris de côté pour le moment, que, en 1886, sur 9807 docteurs, on en comptait 3146 dans les villes de plus de 10000 habitants, soit environ un sur trois. Sur 2 622 officiers de santé, 271 seulement exercçaient dans ces mêmes conditions, cest-à-dire moins de un sur dix.
Mais, Messieurs, si les officiers de santé ne s’établissent
ar al
SUPPRESSION DE L'OFFICIAT DE SANTÉ. Da)
pas en grand nombre dans les villes populeuses, ils vont, et c'est leur droit absolu, dans les départements riches, dans ceux où il leur est possible de gagner leur vie et de pourvoir aux besoins de leurs familles. Ainsi, en 1891, on trouve dans les départements suivants :
Départements. Docteurs, Officiers de santé.
NOTE eee ene mor ot DE 353 201 Pasede-Calais 2eme 141 147 SOMINET PAT Terre 83 141 SCIE 66 0 OR TOR 2 419 208 RHDISLOT Era tee bacs cu 96 10 DOZÉRE = rer mrecoeuee : 24 1
Il vous est facile de voir que les officiers de santé et les docteurs affluent dans les départements riches, mais que,
dans les départements pauvres comme la Lozère, les offi-
ciers de santé sont encore plus rares que les docteurs, et cependant le manque de médecins dans ce département est grave, puisque 8 cantons contigus n'ont ni docteur ni officier de santé. k
La suppression ou le maintien des officiers de santé et l'influence que cette suppression pouvait avoirsur l’exercice de la médecine dans les campagnes, posée par le Sénat aux Conseils généraux, reçut la réponse suivante :
. Pour Je maintien ferme de l'offciat,
MCOMPTIS IL AISÉTIE 2... 44.0 23 conseils généraux. Pour la suppression, y compris l’Al-
FÉME e PR eo Ee A PDe (2 — Délibération douteuse ou restrictive. 7 —
En fait, Messieurs, ainsi que je vous l'ai déjà dit, c'est la loi militaire du 15 juillet 1889 et le décret du 23 novembre de la même année qui ont porté le coup mortel à l’official de santé. La diminution du nombre des officiers de santé
-n’a d’ailleurs pas influé sur la pléthore médicale.
Le graphique que je place sous vos yeux vous montre que, depuis 1868, à mesure que le nombre des officiers de santé diminuait, le nombre des docteurs augmentait d'une façon progressive.