‹ l` exercice de la medecineChapitre 14 sur 188 · ET OFFICIERS DE SANTÉ __ MOYENNE ANNUELLE · texte numérisé non relu

ET OFFICIERS DE SANTÉ __ MOYENNE ANNUELLE

T- Te 1795 | 1809] 1819 | 1829

EN

dr

oc

Depuis quelques années même, celte progression devient inquiétante, car, vu l'augmentation du nombre des étudiants, il est facile de prévoir un temps dans lequel la situation du médecin deviendra fort précaire. Cette augmentation porte sur toutes les Facultés de médecine, ainsi que vous le pourrez voir dans le tableau suivant, indiquant le nombre de thèses soutenues chaque année depuis 1889 :

\ Ale NN UN ess EE PARIS: cent DOM STI TL AIM 550 NS 320615 1163321665 Bordeaux....| 69 25 74 8s 99 100 0781054120 Eee 16 14 14 10 46 43 50 51 51 Yo =... 63 71 108 104 | 124 | 142 145 | 144 | 177 Montpellier... AG 59 53 50 54 6# 82 75 94:

NATIONS ee ere 26 11 10 15 2? 15 3? 290 Mr Toulouse... » (] D 15 27 Gyl 56 6? 58

Totaux ...| 595 | 591 | 635 | 723 | 924 |1.00411.087|1.099/1.19°

D'où vient, Messieurs, cette augmentation considérable du nombre des médecins et des étudiants en médecine, aussi bien en France qu’à l'étranger ? En France, on a incriminé la loi militaire : ce n'est pas là, je crois, la cause essentielle du courant qui pousse les parents à faire embrasser à leurs enfants la carrière médicale, bien qu'elle nécessite des études longues et onéreuses; ce n’est pas non plus, du moins comme facteur principal, la diminution des affaires commerciales. 11 me semble bien plus probable que cet engouement pour l'étude des sciences médicales tient aux progrès si rapides de la médecine el de la chirurgie dans la seconde moitié de cesiècle. Les découverles si importantes de la bactériologie, la mise en pratique courante des opérations chirurgicales, grâce à l’antisepsie, répandues dans le public par l'intermédiaire de la presse quotidienne, ont fait voir aux parents un débouché

moins aléatoire que le commerce ou l’industrie pour les jeunes gens ayant fait des études secondaires suffisantes.

Quoi qu'il en soit, Messieurs, bien que je ne veuille pas chercher à décourager les jeunes gens qui ne sont encore qu’au début de leur carrière, je ne saurais vous dissimuler que la situalion actuelle est grave et que, loin de tendre à s'améliorer, elle semble s'aggraver de jour en jour, car, en même temps que le nombre des médecins augmente, celui des maladies, ainsi que je vous l'ai dit, à tendance, grâce aux progrès de l'hygiène publique et privée, à diminuer dans de très grandes proportions.

Vous le savez, Messieurs, le médecin ne s’enrichit guère, el je crains bien, si l’on n'arrive pas à enrayer le mouvement qui entraine tant de jeunes gens vers l'étude de la médecir'e, de voir s’augmenter dans des proportions énormes le nombre des déshérités de la profession médicale.

Page 1