‹ l` exercice de la medecineChapitre 17 sur 188 · CONDITIONS DE L'EXERCICE DE LA PROFESSION DE SAGE-FEMME · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE L'EXERCICE DE LA PROFESSION DE SAGE-FEMME

Art. 3. — Les sages-femmes ne peuvent pratiquer l’art des accouchements que si elles sont munies d’un diplôme de {re ou de 2° classe délivré par le gouvernement français, à la suite d’examens subis devant une faculté de médecine, une école de plein

exercice ou une école préparatoire de médecine et de pharmacie de l'Etat.

Un arrêté pris, après avis du Conseil supérieur de l'instruction

publique, déterminera les conditions de scolarité etle programme applicable aux élèves sages-femmes.

Les sages-femmes de 1"° et de 2° classe continueront à exercer leur profession dans les conditions antérieures.

On nous à adressé le reproche d'avoir laissé subsister deux classes de sages-femmes, alors que nous avions réclamé et

TA

obtenu la suppression d’une des deux classes de médecins : la commission du Sénat avait adopté l'unification du grade, se basant sur les raisons mêmes qui avaient légitimé la suppression des officiers de santé. Je fus obligé, pour modifier son opinion, de lui faire entendre M. le professeur Tarnier, qui lai expliqua combien était défectueuse l’instruction des sages-femmes. En France, l'enseignement de l’obstétrique n'était véritablement donné aux sages-femmes qu’à Paris, à la Maternité, à la Clinique d'accouchements et dans trois ou quatre grandes villes. La plupart des élèves sages-femmes de province faisaient, dans une maternité quelconque, un stage variant de trois semaines à six mois, entendaient quelques leçons, passaient un examen, soit devant une Faculté, soit devant une École de médecine, et, suivant Ie cas, étaient munies d’un diplôme de première ou de seconde classe.

Les sages-femmes, vous ai-je dit, faisaient un stage dans les maternités. L'état déplorable de ces maternités avait frappé M. Liard au cours des études préparatoires de la loi ; on résolut de les faire inspecter par des médecins accoucheurs et par des inspecteurs du Ministère de l'intérieur. Dans l'une d'elles, M. Varnier trouva trois des cinq lits composant la maternité occupés par des filles publiques de la localité ; les locaux étaient dans un état de malpropreté repoussant et les cabinets d’aisance s'ouvraient directement dans la salle; ils n'étaient même pas pourvus de porte. M. Napias, dans des circonstances analogues, demanda

s'il y avait une baignoire. Ayant reçu une réponse aflir-

mative, il voulut la voir; on la lui montra. Messieurs, la baignoire était remplie de détritus de toute nature, de linges souillés, croupissant là depuis plusieurs mois peutêlre. Comme dans la maternité inspectée par le D' Varnier, les water-closets s'ouvraient directement dans la salle des malades.

Une solution radicale s'imposait. On demanda aux Conseils généraux de voter les fonds nécessaires à l'édification de

maternités construites d'après les règles de l'hygiène moderne. Tous répondirent à l’appel qui leur était adressé.

Une autre raison nous empêcha de réclamer la suppression de la deuxième classe. D'après la statistique de 1886, il existait, en France, 13 603 sages-femmes, dont 1 787 exerçaient dans le département de la Seine et 11 816 dans les autres départements. Parmi ces dernières 3 552 possédaient le diplôme de 1"° classe et 8264 celui de seconde classe. Celles qui se fixent dans les petites villes et dans les campagnes sont donc dans la proportion de trois de seconde classe, pour une de première classe. On était en droit de craindre que la suppression subite de ces sages-femmes de seconde classe ne privät de sages-femmes les campagnes et les petites villes.

Toutefois, Messieurs, le nombre des sages-femmes, semble trop considérable. En effet, si nous prenons Paris comme exemple, d’après la statistique de 1896, on compte annuellement 60000 accouchements, parmi lesquels 27000 sont faits dans les établissements de l’Assistance publique. Le reste est partagé entre 1953 médecins, 148 officiers de santé et 1523 sages-femmes, soit, en total, par 3624 praticiens. Depuis 1886, le nombre des médecins et des sages-femmes a notablement augmenté; il est permis de se demander comment peuvent vivre ces sages-femmes, et si leur trop grand nombre ne fait pas comprendre pourquoi quelquesunes d’entre elles se livrent à certaines pratiques qui n'ont pas élé sans jeter un grand discrédit sur la corporation tout entière.

Depuis la loi de 1892, le nombre des sages-femmes tend à diminuer, comme le montre le tableau suivant. La diminution porte un peu plus sur la deuxième classe que sur la première, Il est à souhaiter que ce mouvement s’accentue, de sorle que, à un moment donné, la suppression des sagesfemmes de seconde classe puisse se faire en vertu des raisons qui ont amené la suppression des officiers de santé.

Sages-femmes reçues chaque année depuis 1882-82.

oo

| MOYENNE PAR AN ANNÉES ITÉICLASSEN IE CASE EEE | 1re classe. 2° classe.

LS DES D ter eme 251 249

SR De eee dans ot DT 247

SSL BON 02 2e dot 243 296 241 279 HS85=86 ut 2e 293 29

ASC BTE er. 269 308

ROSES EE ter 298 290

1888-89...... tre TE 267

Page 1