C. — VARIOLE
La variole est une affection essentiellement évitable. IL y a trente ans, Lorain disait : « De toutes les maladies, il n'y en a qu'une de honteuse, c’est la petite vérole » ; et ailleurs il ajoutait : « On jugera plus tard du degré de civilisation d’un peuple d’après le nombre de ses varioleux à une époque donnée. » Ces paroles de Lorain sont exactes; la variole est une maladie qui a déjà beaucoup diminué, mais qui devrait
disparaître complètement des statistiques de la mortalité. Cependant, en France, nous perdons chaque année un nombre relativement considérable de varioleux, surtout si l’on compare nos statistiques avec celles de l'Allemagne. La mortalité de la variole, dans quelques États, est la suivante :
FTANCe rer ares de 35 pour 100 000 Allemagne rer PER 0,4 == AUTTICNE Creer Robe LT DULSSeS ae een SES 0 0,8 —
Chaque année, la variole fait périr en France 12000 personnes, tandis qu'en Allemagne elle n'occasionne que 110 décès.
En Allemagne, la mortalité par variole, en 1835, était de 27 p. 100000, mais, depuis cette année, date à laquelie la vaccine ful rendue obligatoire, la mortalité par la variole a baissé d’une façon continue. A Berlin, où les conditions hygiéniques sociales et particulières ne sont pas sensiblement meilleures qu’à Paris, la stalistique des cas de variole, depuis 1881, donne les résultats suivants :
EC De “A0: 80 1RRS ne. MR 0 NV PERS 4,74 CA EL 0 1880 me GeE 0,45 SO RE Et 0 TR re 0,33 He NES LRQ
On peut donc dire que, depuis 1885, la variole n'existe plus à Berlin. A Paris, dans l'année 1897, cette maladie a causé 17 décès.
La mollesse avec laquelle la vaccination est pratiquée dans certaines régions de la France nous expose à subir de nouveau, en Cas de guerre, les désastres de 1870-1871 ; les mobiles
venus des provinces de l'Ouest, pour concourir à la défense de Paris, furent décimés par cette redoutable maladie. Je vous
citerai encore le camp de Conlie, près du Mans, dans lequel, au moment où les {roupes se trouvaient réunies, en 1870-71, éclala une formidable épidémie de variole hémorragique, qui obligea de lever le camp avant la concentration des lroupes.