‹ l` exercice de la medecineChapitre 35 sur 188 · PP · texte numérisé non relu

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diphtérie ne l’a pas eue lui-même. On a trouvé, dans la bouche de certains enfants, des bacilles de Lœffler virulents, trois semaines ou un mois après le moment où ils s’élaient trouvés en contact avec un diphtérique. Un cas curieux vous montrera, d’une part, le danger du licenciement, et, d'autre part, la propagation à distance de la diphtérie.

Aujourd'hui même, au Comité d'hygiène, on nous a lu

une communication au sujet de l'étiologie d’une épidémie de diphtérie qui se produisit dans quelques villages de la Vendée. L'enquête fut minutieuse et permit de constater les faits suivants : une épidémie de diphtérie avait régné dans la garnison de Melun. Les cavaliers du 2° régiment de chasseurs avaient été renvoyés dans leurs foyers, et un certain nombre étaient retournés dans leurs villages, en Vendée. Quelques-uns, même parmi ceux qui étaient partis indemnes de Melun et qui n’eurent pas la diphtérie plus tard, créèrent des foyers dans leurs villages. L'infection s'était faite par simple contact. Chose plus curieuse encore, quand la caserne fut désinfectée et assainie, on rappela les soldats qui avaient été licenciés. Ils revinrent et rapportèrent de leur pays les germes de la diphtérie, qui occasionnèrent une nouvelle épidémie dans la garnison. La diphtérie peut être comptée au nombre des maladies évitables, la désinfection et le sérum curatif nous permettront de diminuer, dans des proportions encore plus considérables, le nombre des décès occasionnés par cette infection. Mais, comme pour la fièvre typhoïde, le choléra, la variole, on n’arrivera à un résultat que grâce à la déclaration de la maladie, qui permet à l'autorité prévenue de prendre immédiatement les mesures prophylactiques nécessaires.

E. — TugercuLose.

Je veux terminer celte étude des maladies évitables, par celle de l'affection la plus redoutable de toutes, celle qui fournit en France la mortalité de beaucoup la plus consi-

dérable, la tuberculose. Messieurs, il meurt chaque année 150 000 individus par infection tuberculeuse; que celle-ci frappe le poumon, les séreuses ou les os, la mortalité effroyable qui la suit dépasse de beaucoup celle des plus violentes épidémies. Prenons, par exemple, la plus longue et la plus meurtrière des épidémies de choléra, celle de 1854-1855. Elle dura près de deux ans et fit 145 000 victimes, c’est-à-dire, en deux ans, 5000 de moins que la tuberculose en une seule année.

Il est à remarquer que la tuberculose ne cause, parmi la population, aucun effroi ; que l’on apprenne qu’il y a eu une catastrophe de chemin de fer, un coup de grisou dans une mine, un grand incendie, une angoisse extraordinaire étreint tout le pays, et pourtant le nombre des victimes est relativement minime. On nous annonce que le choléra est à nos portes, on parle aussitôt de prendre des mesures exceptionnelles. Je n'ai rien vu de plus probant, pour ma thèse, que l'émotion qui s'empara du Sénat, lorsqu'on apprit que la peste régnait à Bombay; j'étais alors Commissaire du Gouvernement pour la discussion de la loi sur la santé publique, et je n'avais pas à intervenir dans la discussion sur la peste. Le ministre fut interpellé au sujet des mesures qu’il comptait prendre pour assurer la sécurité du pays. Il dut promettre la promulgation de mesures draconiennes, la mise en quarantaine de tous les passagers, la désinfection des marchandises ; personne ne se préoccupa de savoir si la réalisation de toutes ces promesses était possible. Le Ministre ne put rassurer l'assemblée qu’en lui affirmant que les mesures les plus rigoureuses seraient prises; cette promesse lui valut un succès parlementaire auquel s’associèrent tous les membres de l'assemblée, sans distinction de nuances politiques.

Mais, Messieurs, nous sommes vraiment bien singuliers de nous inquiéter à tel point d'un danger hypothétique, alors que nous ne nous occupons que peu ou pas du mal qui nous ronge. Que voyons-nous, en effet, à Paris, chaque jour ? Je

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