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ABANDON DU MALADE

être fait à ce moment, il est autorisé à y venir passer les récréalions ; le médecin lui prescrit de l’antipyrine.

Le 2%, dans une lettre à ses parents, l'enfant dit avoir des frissons et mal à la tête, l’antipyrine n’avait produit aucun effet appréciable; ce jour et le suivant, il ne va pas à l'infirmerie. Pendant ce temps, personne n'a signalé rien d'anormal dans l’état de l'enfant.

Le 25, il va à la promenade avec ses camarades; elle dure environ deux heures et,se sentant faligué, il monte se reposer à l'infirmerie.

Le 26, l'élève ne se présente pas à la visile du médecin; dans l'après-midi, il prend part à une composilion, après laquelle il va se reposer à l’infirmerie, sans y coucher.

Le 27, à la visite du matin, le docteur de l'établissement inscrit sur le registre: «embarras gastrique », ordonne un vomilif (ipéca : 2 grammes en deux paquets), et, pour le soir, deux paquets d’antipyrine. Dans la journée, le principal va voir l'enfant, qui jouait aux dames et avait près de lui des volumes du Magasin pittoresque. Le soir le malade couche au dortoir.

Le 28, le docteur constate que, malgré la médicalion, la langue est restée blanche, que le malaise a persisté, et il pense qu’il y a lieu d'envoyer l'enfant dans sa famille, devancant les vacances du nouvel an de quarante-huit heures. Aussitôt cette décision prise, l'élève prépare son départ, prend, en présence du principal, un repas composé d'un potage, d’un œuf à la coque, d’un biscuit trempé dans du vin

chaud et d’une tasse de café; puis, accompagné de l'économe,

il se rend à pied du collège à la gare, prend son billet, monte dans un compartiment de 3° classe chauffé; il arrive à bon port à Paris et écrit au principal du collège pour lui annoncer son arrivée.

Le 29 décembre, il a deux saignements de nez, de la fièvre ; le père prie son médecin de venir voir son enfant.

Celui-ci diagnostique une fièvre typhoïde, qui se termina brusquement, le 4 janvier, par une perforalion intestinale.

Deux enquêtes furent ouvertes simultanément par l'autorité judiciaire et par le Ministre de l'instruction publique. Je fus commis pour la seconde de ces enquêtes el je priai les professeurs Potain et Bouchard de vouloir bien se Joindre à moi.

Y avait-il abandon du malade?

Au cours de cette enquête, nous pûmes nous convaincre que le médecin, non plus que le principal, n'avaient en aucun point manqué à leurs devoirs.

Le médecin remplissait ses fonctions au collège avec le plus grand zèle et la plus grande ponctualité, faisant chaque jour une visite à sept heures et demie du matin, venant dans le cours de la journée si des malades se trouvaient dans les lits de l’infirmerie, et se rendant au premier appel du principal, si un cas médical ou chirurgical se produisait dans l'intervalle de ses visites.

Le principal assislait aux repas, voyait si l'appétit des élèves confiés à sa surveillance ne laissait rien à désirer; il s'était occupé particulièrement de l’état de santé du jeune L... avant son départ de l'établissement. La seule chose qu’on pouvait peut-être lui reprocher élait d’avoir laissé l'élève malade se rendre à Paris sans être accompagné, bien qu'aucun accident grave ne fût survenu pendant le voyage.

Dans notre rapport, nous fimes ressortir ce point qu’il est fort difficile, dans certains cas, de faire le diagnostic de la fièvre typhoïde à son début, alors que parfois un simple embarras gastrique peut présenter des symplémes absolument analogues à ceux dont s'était plaint l'élève L..., avant son départ du collège. De plus, nous fûmes d'avis que le fait d'avoir voyagé pendant environ une heure et demie dans un wagon chauffé, ne pouvait pas avoir eu une influence fâcheuse sur la marche de la maladie et que, du reste, la perforation intestinale ayant entrainé la mort n'était survenue que plusieurs jours après ce voyage.

Le médecin et le principal ne furent pas inquiétés.

Un fait analogue s’est passé à l'École normale d’institu-

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