ERREURS COMMISES PAR LE MÉDECIN
Il s'agissait certainement bien Jà d’une erreur de plume, et, ayant lu l'ordonnance du médecin, où il était dit que la solution claire devait être prise à l'intérieur, le pharmacien aurait dû reconnaitre l'erreur et ne pas délivrer le médicament.
Je vous citerai un autre exemple d'erreur de plume, sur lequel j'ai dû faire un rapport. Un médecin de Péronne, ancien interne des hôpitaux, établi dans cette ville depuis plus de vingt ans, y ayant acquis par son savoir et son honorabilité unesituation considérable, avaitparmises amis, avant la guerre de 1870, un officier qui avait été chargé de la défense de cette ville, au moment de l'invasion allemande. Au cours de cette défense, l'officier ayant été obligé de détruire une ferme et une maison de campagne appartenant au médecin pour en déloger les ennemis, les deux amis s'étaient brouillés et ne s'étaient pas revus jusqu’au mois de juin
A cette époque, l'officier, M. F..., étant atteint d'une sciatique, rencontre son ancien ami, auquel il adresse la parole, pour lui demander s’il ne pourrait lui faire une prescription pour l'affection dont il souffrait. Tous deux rentrent au domicile du médecin, causent, se rappellent leur ancienne amitié, se réconcilient. Au cours de la causerie, le médecin écrit la formule suivante :
INITOPITÉ rer etre HAuatiod dent Toe . 2 gr.
En deux paquets :
Axonge....... Sn Dame Te A ee ce 20 gr.
ATLODITERN See ee noob 10 centigr.
Chloroforme.,....... SAC BE S DER re 2 gr.
M. F... se rend chez un pharmacien de la localité pour faire exécuter cette ordonnance et lui dit en entrant qu'il venait chercher de quoi se frictionner. Ce pharmacien aurait dû être frappé par la quantité inusitée d'atropine qui lui était demandée, attendu qu'on n’emploie cet alcaloïde à l'intérieur que par demi-milligramme ou par milligramme ; il exécuta néanmoins l'ordonnance et remit
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à M. F.. les deux paquets d'atropine dans une boite, sur laquelle il apposa une étiquette blanche portant le mot « atropine » et une étiquelte orange, sur laquelle était écrit : « Médicament pour l'usage externe. Toxique ».
Rentré chez lui, le malade absorbe le contenu d'un des paquets et meurt au bout de douze heures.
Cette survie, relativement considérable à la suite de l'absorption d’une quantilé aussi inusitée d'atropine, nous montre d’abord que cette atropine ne devait pas être pure: je me suis renseigné, au cours de celte affaire, auprès des directeurs de grandes pharmacies, leur demandant quelle quantilé d'atropine ils avaient d'ordinaire en magasin. Tous m'ont répondu qu'ils n'en possédaient que quelques grammes ; il n’est pas-impossible de supposer que le pharmacien de Péronne, qui probablement n'avait pas dans son officine le médicament en quantité suffisante, à dù employer une substance inactive quelconque pour parfaire les 2 grammes.
Le pharmacien et le médecin furent poursuivis et condamnés tous deux à 600 francs d'amende. Le pharmacien en plus, pour délit de contravention, à 16 francs d'amende, el tous deux solidairement à un franc de dommages-intérêts. Les prévenus bénéficièrent de la loi Bérenger.
Assurément la condamnation est légère, mais il est hors de doute que si le médecin n'avait pas eu dans le pays la situation qu'il y possédait, s’il n'avait pas été connu comme élant d'une honorabilité parfaite, la condamnation eût pu êlre plus sévère, car, en général, les tribunaux ne sont pas tendres pour les erreurs de doses commises par les médecins, ainsi que le montre la condamnation à trois mois de prison d’un docteur qui avait prescrit 40 grammes de Jaudanum au lieu de X gouttes. |
À côté de ces erreurs de plume, il faut placer celles qui tiennent à l'ignorance du médecin; hâtons-nous de dire qu'elles sont fort rares. Je vous en citerai deux exemples.
L'un, fort ancien, est celui du D' F..., médecin de Bicêtre,
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