Au Reichstag, 29 novembre
des tribus révoltées. Ce qui a passionné le peuple allemand dans ces grands débats coloniaux, c'est surtout la question des indigènes. « L'indigène, dit M. Dernburg lui-même, est Tobjet le plus important de la colonisation *. » C'est lui qui doit fournir en grande partie la main-d'œuvre dans les colonies ; il importe donc de le ménager, de l'instruire, de le gagner lentement à la civilisation européenne. Autrefois sans doute les peuples conquérants ont eu moins de scrupules : « l'histoire de la colonisation des États-Unis, qui fut indubitablement la plus grande entreprise coloniale que le monde ait jamais vue, débuta par la destruction presque complète des premiers habitants du pays. Par contraste, c'est une joie de constater aujourd'hui qu'avec les progrès de la civilisation dans le monde les méthodes colonisatrices ont subi, comme tout le reste, une grande transformation. Si l'on a colonisé autrefois à l'aide de procédés destructeurs, on peut en revanche coloniser aujourd'hui grâce à des procédés de conservation, et, dans le nombre, il faut compter aussi bien le missionnaire que le médecin, le chemin de fer et la machine, et, bref, la science théorique et appliquée la plus moderne dans tous les domaines^. »
Telle est la doctrine, et il est certain que la méthode de douceur, de patience, de paternelle indulgence à l'égard des indigènes est celle qui, en principe, agrée le plus à l'opinion publique allemande.
1. B. Dernburg, Zielpankte des deutschen KolonialwesenSy p. 6.