Peter Moors Fahrt nach Sûdwest, p
revanche organisé, complété et gradué le récit des divers épisodes avec un art qui n'est pas celui d'un homme du peuple. Il a fait un choix parmi les aventures qu'on lui contait ou que rapportaient les journaux, il les a dépouillées de leur caractère personnel ou local; il en a fait des événements représentatifs. Son livre ne contient presque aucun nom propre ; il faut savoir qu'il s'agit de la campagne de 1904 qui se termina par l'extermination des Hereros. Chaque épisode garde un caractère indéterminé, général, synthétique. De la confusion des événements, Frensscn a su abstraire un tableau où tout est ordre et clarté. Et c'est ainsi que ce livre, écrit par un homme qui n'a jamais quitté son cabinet de travail-, a contribue^ plus qu'aucun autre à faire connaître au peuple allemand les étendues tristes du Sud-Ouest africain et la nature cruelle delà guerre entre les indigènes et les troupes coloniales.
« Il faudrait, disait M. Dernburg à Halle, dans uhô fête coloniale \ que toute femme allemande lût ce nouveau livre d*un homme que l'on comptera plus tard parmi les plus grands écrivains de l' Allemagne. Le poète a su dépeindre là en paroles simples, en même temps que le merveilleux pays sans limites, la douleur et la joie, les fatigues et les privations deB Allemands en campagne. » La louange est juste : Gustave Frenssen est dès aujourd'hui l'un des grands jioms de la littérature allemande contemporaine, el