Peter Moors Fahrty p
la campagne dût durer longtemps. Aurait-on môme Toccasion de débarquer? N'apprendraitron pas, en arrivant au port, que les insurgés s'étaient soumis? Pourrait-on, au moment du retour, qui ne saurait sans doute guère tarder, se vanter auprès des parents, des amis, des fiancées, d'avoir parcouru cette terre africaine où Ton se plaisait à imaginer, comme dans les histoires enfantines, d'impénétrables forêts vierges, des bandes de singes, des troupeaux d'antilopes et des huttes de paille à l'ombre de hauts palmiers?
Au bout d'un mois de traversée, Swakopmund apparaît : quelques maisons de bois, couvertes de tôle ondulée, sur une côte plate :
Nous avions pensé que tout Swakopmund serait sur le rivage, radieux de voir enfin arriver du secours ; mais il n'y avait pas un être humain. Nous passâmes devant quelques maisons isolées, qui se dressaient là dans le sable nu; mais nous ne vîmes personne qui nous envoyât un amical bonjour. Nous aperçûmes, ici ou là, quelques gens à l'ombre des vérandas, mais il nous sembla qu'ils nous regardaient d'un air indifférent et presque moqueur. Derrière nous, nous entendions le pesant fracas de la mer qui se brisait — nous commencions presque à trouver ce bruit agréable, — tout autour de nous, aussi loin que s'étendait la vue, il n'y avait rien que du sable sec et brûlant, sur lequel le soleil tombait avec un miroitement aveuglant. Les yeux se fermaient involontairement; une sensation de chaleur, de sécheresse vous serrait à la gorge. Nous étions passablement silencieux ^ .