Peter Moors Fahrt, p
dans le désert de sable, ou passés de l'autre côté de la frontière anglaise, ou encore dispersés à l'intérieur du territoire. La question était devenue brûlante, à cause du soulèvement des Hottentots, survenu sur ces entrefaites. De plus d'un côté il fut suggéré d'amener par des négociations le reste du peuple à faire sa soumission.
Mais le général de Trotha ne crut pas encore le moment venu. Il fit observer, dans un rapport au chef de l'État, Major de l'armée, que des négociations avec les Hereros étaient impossibles, parce que les capitaines étaient tous morts ou réfugiés à l'étranger ou parce qu'ils s'étaient compromis de telle sorte par leurs méfaits pendant le soulèvement, que le gouvernement allemand ne pouvait pas entrer en pourparlers avec eux. Il considérait d'ailleurs qu'en acceptant une soumission plus ou moins volontaire» qui laisserait la possibilité d'une reconstitution de la vieille organisation par tribus, on commettrait la plus grande des fautes politiques, et qu'on aurait tôt ou tard à l'expier d'une façon sanglante. Il voyait dans tout le mouvement de révolte de la colonie allemande les premiers symptômes d'une lutte de races, avec laquelle toutes les puissances européennes maîtresses de possessions coloniales africaines devraient compter. Dans ces conditions toute concession du côté allemand ne pouvait que fournir des adeptes nouveaux à la doctrine, connue sous le nom de mouvement éthiopien, selon laquelle l'Afrique appartient uniquement à ses habitants noirs.
Il fallait donc continuer la lutte, aussi longtemps que subsistait pour les Hereros une chance de ranimer leur force de résistance *.
Mais dans cette lutte, ni les femmes ni les enfants n'ont trouvé grâce devant les troupes. Et la sentence d'exécution n'a pas été prononcée en expiation des assassinats commis par les indigènes, — cela n'a été